BAYONNE
Il y a dans la Correspondance de Napoléon 2 une lettre datée du 29 mars où l'Empereur reproche à Murât de ne pas comprendre la situation de l'Espagne, et semble lui rejeter par avance la responsabilité des événements qui allaient se produire : « Ne croyez pas que vous attaquiez une nation désarmée et que vous n'ayez que des troupes à montrer pour soumettre l'Espagne... Vous avez affaire à un peuple neuf; il a tout le courage, et il aura tout l'enthousiasme que l'on rencontre chez des hommes que n'ont point usés les passions politiques..., etc. » Suivent trois grandes pages sur ce ton, qui n'est pas celui de l'Empereur à cette date. Il est vrai que les éditeurs de la Correspondance déclarent n'en avoir pu retrouver ni la minute, ni l'original, ni une copie authentique, et rappellent que cette lettre a été publiée pour la première fois dans le Mémorial de Sainte-Hélène. A la bonne heure ! C'est bien en effet une plaidoirie, un blâme tardif à
i. AU'. Étr., Corr. d'Espagne, vol. 673, f0s 385, 471. 2. XVI, 45o.