I. Corr. de Napoléon, XVII. 3;ç), 38a
Madrid par les hautes montagnes de la Sierra-Morena, elles étaient enveloppées de toutes parts, comme une île battue par la tempête de l'insurrection. Napoléon très au courant de tout cela, n'en était pas ému : elles comptaient plus de 20.000 hommes, et pouvaient donc tenir tête à n'importe quel ennemi ; et même, ajoutait-il, « un échec que recevrait le général Dupont serait peu de chose1. »
11 craignait davantage pour le maréchal Bessières qui n'avait guère que i5.ooo hommes au milieu de la Castille et qui pouvait y être dangereusement enserré par les nombreuses guérillas de la province. Il eut une grande joie lorsqu'il apprit que Bessières avait vaincu à Medina-del Rio Seco l'armée du général Cuesta. Cette bataille, lui écrivit-il aussitôt, « sera un titre de plus à votre réputation militaire. Jamais bataille ne fut gagnée dans des circonstances plus importantes. Elle décide les affaires d'Espagne. » Il le croyait parce qu'il le désirait. Et il accabla les troupes victorieuses des témoignages de sa satisfaction ; il demanda à Joseph la Toison d'Or pour Bessières.
Il ne restait plus qu'à appuyer ou dégager Dupont et Vedel. Ils ne paraissaient pas être dans une situation critique ; ils livrèrent dans ces jours-là autour de Cordoue et de Jaen des combats très heureux, et l'Empereur leur destina une abondante provision de décorations. Tout de même il pressa Joseph de pousser le plus de troupes possible vers les défilés de la Sierra-Morena.
Joseph avait assez à faire de garantir sa propre sécurité. Aux. encouragements de son frère, il répondait, d'un jour à Tautre : « Les dispositions des habitants ne sont pas bonnes. — L'esprit est partout très mauvais. — Personne n'a dit jusqu'ici toute la vérité à Votre Majesté. Le fait est qu'il n'y a pas un Espagnol qui se montre pour moi, excepté le petit