Cf. Yandal, I
Dbiault. — Tilsit. 2;
370 ER1 URT
Il avait fait des sacrifices, mais les moindres ; il avait laissé les Russes en Moldavie et Valachie, et il n'avait pas pris la Silésie en compensation, mais il avait des garnisons dans les places de l'Oder, ce qui offrait des avantages analogues. La Russie promettait de contenir l'Autriche et de lui faire la guerre, si elle se déclarait, et Ton ne parlait plus du partage ottoman.
Avant de se séparer, les deux empereurs adressèrent la lettre suivante à George III, roi d'Angleterre, à Londres1. « Sire, les circonstances actuelles de l'Europe nous ont réunis à Erfurt. Notre première pensée est de céder au vœu et au besoin de tous les peuples, et de chercher par une prompte pacification avec Votre Majesté le remède le plus efficace aux malheurs qui pèsent sur toutes les nations. Nous en faisons connaître notre sincère désir à Votre Majesté par cette présente lettre.
« La guerre longue et sanglante qui a déchiré le continent est terminée, sans qu'elle puisse se renouveler. Beaucoup de changements ont eu lieu en Europe. Beaucoup d'États ont été bouleversés. La cause en est dans l'état d'agitation et de malheur où la cessation du commerce maritime a placé les plus grands peuples. De plus grands changements encore peuvent avoir lieu, et tous contraires à la politique de la nation anglaise. La paix est donc à la fois dans l'intérêt des peuples du continent comme dans l'intérêt des peuples de la Grande-Bretagne.
« Nous nous réunissons pour prier Votre Majesté d'écouter la voix de l'humanité, en faisant taire celle des passions, de chercher, avec l'intention d'y parvenir, à concilier tous les intérêts, et, par là, garantir toutes les puissances qui existent, et assurer le bonheur de l'Europe et de cette génération à la tête de laquelle l'Europe nous a placés.
Napoléon. Alexandre. »