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NAPOLÉON EN ESPAGNE

Retour d'Erfurt, Napoléon était à Paris le 19 octobre, à Bayonne le 2 novembre. Il rejoignit son frère Joseph, le roi d'Espagne, le 5 à Vittoria.

Il était dès lors aux prises — moment critique de sa carrière — avec la Révolution d'Espagne, avec le 93 espagnol, dit M. Sorel1, mais un 93 monacal, et surtout un 93 insaisissable, épars dans tout le pays, embusqué derrière les rochers ; non seulement une Vendée catholique et royale, mais une Vendée nationale, une Vendée concentrant toutes les forces vives de l'Espagne, une Vendée immense, donc invincible.

« L'Espagne voulut rester espagnole avec autant de fanatisme que la France de la Révolution avait mis d'enthousiasme à rester française. »

La Révolution se redressait contre le « fils de la Révolution », tournant de son histoire, avertissement quasi prophétique. Il eût évité les désastres de la fin, peut-être, s'il se fût arrêté là, si, ayant éveillé ou réveillé les nationalités italienne, allemande, espagnole, polonaise, il eût seulement consacré son génie à achever la nationalité française dans ses frontières nationales, à organiser l'Europe des nationalités

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