A.. Sorel, VII
LES ARMEMENTS DE L AUTRICHE 3g3
Le gouvernement de Vienne envoya M. de Walmoden à Londres pour des subsides ; il y fut question, paraît-il, des bases de paix, en cas de victoire, bien entendu : — On reconstituerait la Prusse et l'Autriche dans leur ancienne puissance territoriale ; on détruirait la Confédération du Rhin ; on rétablirait les princes déchus. Mais on avait le temps de mettre tout cela au point.
L'Autriche fit aussi une tentative pour gagner la Prusse ; M. de Wessenberg lit le voyage de Berlin, puis de Koenigsberg1 ; il y trouva d'excellentes dispositions, mais sans plus ; il n'était pas possible alors à la Prusse de risquer une nouvelle aventure. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui en manquait. M. de Saint-Marsan, qui venait d'être nommé ministre de France à Berlin, y constatait en arrivant « le même esprit de vertige qu'en 1806", » et il exprimait l'opinion que « le Roi de Prusse ayant une armée, même seulement de .40.000 hommes, devrait à l'occasion faire cause commune avec la grande puissance de qui il tient son existence». C'est évidemment de la France qu'il s'agit.
Mais le gouvernement prussien n'était pas de cet avis ; il permettait à M. de Wessenberg de recevoir des engagements d'officiers pour l'armée autrichienne. Toute haine était pour un temps effacée entre la Prusse et l'Autriche, et c'était l'ouvrage de la politique napoléonienne.
Et d'autre part les relations devenaient de plus en plus cordiales entre la Prusse et la Russie. Au retour d'Erfurt, Caulaincourt, accompagnant encore le tsar Alexandre, était passé avec lui par Kœnigsberg qui était toujours la résidence de la famille royale de Prusse depuis les désastres. Il avait été admis à dîner chez le roi et la reine, qui lui avaient plusieurs fois répété « que l'Empereur Napoléon pouvait compter