Partie redoutable qu'il ne fallait pas perdre
Dans la nuit du 4 au 5 juillet, nuit sombre, dans l'orage et la pluie torrentielle, les pont furent jetés sur le Danube, dans la partie orientale de l'île Lobau, au delà des retranchements de l'ennemi qui se trouvèrent tournés et inutiles. Dès le matin du 5, l'armée française était tout entière déployée sur la rive gauche du fleuve ; et cela déjà était une grande victoire.
Le 6, la bataille s'engagea, elle fut violente et le résultat en fut chaudement disputé. La victoire de Napoléon fut éclatante, mais non pas aussi complète qu'il l'avait espéré; car il ne put tourner l'aile gauche ennemie par Neusiedl et Wagram, et l'archiduc Charles se dégagea à temps pour pouvoir opérer une retraite en bon ordre. L'Empereur le fit poursuivre vers le nord-ouest ; mais l'archiduc Jean avait d importantes troupes du côté du sud-est, vers Presbourg ; il fallait les observer.
Cependant la défaite de l'Autriche était, même en ces conditions, assez sérieuse pour l'obliger à quelque répit, et les belligérants conclurent l'armistice de Znaïm, du 12 juillet ; il était fixé à une durée d'un mois, et si les hostilités reprenaient, les adversaires devaient se prévenir au moins quinze jours à l'avance. C'était une suspension d'armes; ce n'était pas la paix à laquelle l'empereur François II était mal disposé, et qui fut en effet longtemps retardée et maintes fois compromise par des circonstances diverses.
Les Anglais, que les « alliés » attendaient depuis le commencement du printemps sur quelque point des côtes de la Baltique, débarquèrent enfin le 3o juillet, mais dans l'île de Walcheren ; ils visaient Anvers, ce qui révélait chez eux le