‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 163 sur 185 · WAGRAM · texte numérisé non relu

WAGRAM

souci de se délivrer d'une menace dirigée droit sur Londres plutôt que celui d'être utile à leurs amis. Même ainsi, leur entreprise jeta beaucoup d'émotion à travers l'Europe.

Leurs troupes étaient commandées par Lord Chatham ; le i5 août, elles s'emparèrent de Flessingue.

Il y eut de l'inquiétude à Paris. Fouché l'excita, pour qu'on crût avoir besoin de lui, garda lui-même tout son sangfroid : il se mit à prendre des mesures presque révolutionnaires, à organiser une sorte de levée en masse avec réquisition, à recommencer 93. Bernadotte, dont la conduite à Wagram, comme jadis à Iéna, avait été sévèrement jugée par l'Empereur, et qui venait d'arriver à Paris, se disposa à jouer un grand rôle, sous prétexte de sauver la patrie1. Il n'est peut-être pas nécessaire d'y voir le dessein, même vague, d'une conspiration contre l'Empereur.

Il suffit d'ailleurs de quelques brèves notes de Napoléon pour tout remettre en ordre, pour organiser la défense avec méthode et sans fièvre, sous la direction du roi Louis et de Bessières. En quelques jours, 5o.ooo hommes se trouvèrent massés autour d'Anvers, dès lors à l'abri de toute attaque.

Mais il fallait si peu de chose, en ces temps orageux, pour produire à travers l'Europe une agitation générale; l'opinion était si répandue que la conquête napoléonienne était trop extraordinaire pour être durable, si préparée désormais à quelque catastrophe décisive, que l'affaire de Walcheren eut dans tout le continent une immense répercussion, souleva contre Napoléon d'autres obstacles, compromit les résultats qu'il pouvait espérer de sa victoire de Wagram.

En Italie, en Espagne, ailleurs, les populations catholiques, profondément troublées par la récente nouvelle de la captivité du Saint-Père, s'attendaient à voir tomber le châtiment céleste sur l'Empereur excommunié.

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