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y mettait le prix. En fait elle était la rivale de l'Autriche et elle avait profité de tous les coups reçus par celle-ci.
L'Angleterre était, pour ainsi dire, en guerre avec la Prusse depuis les traités de Schœnbrùnn et de Paris, depuis que la Prusse avait accepté le Hanovre des mains de Napoléon et fermé ses ports aux vaisseaux anglais ; et c'est contre la Prusse que le gouvernement avait pris, au printemps de 1806, les premières mesures qui devaient déterminer le système continental.
Quant à la Russie, elle était résolue à abaisser la puissance de la France dont elle redoutait dès lors les entreprises en Orient ; elle encourageait la Prusse à la lutte, et elle se préparait à la soutenir. Mais Alexandre Ier n'avait pas perdu le souvenir de l'entrevue et du traité de Potsdam, et de la mission d'Haugwitz et des compliments que celui-ci avait portés à Napoléon après la bataille d'Austerlitz.
La Prusse portait la peine de sa politique double ; elle inspirait une défiance universelle. D'ailleurs la coalition était aussi mal liée que les précédentes et que les suivantes : Napoléon n'eut presque jamais devant lui une véritable coalition.
Cependant il prenait ses dispositions comme si la coalition avait été étroitement serrée et avait dû s'étendre encore. « J'ai l'habitude, disait-il, de prévoir trois ou quatre mois d'avance ce que je dois faire, et je calcule sur le pire l. »
Il surveillait en particulier l'Autriche ; elle multipliait les assurances pacifiques ; mais« il faut tout prévoir ». Au moins, pour tâcher de surprendre ses intentions, Napoléon lui faisait offrir par son ambassadeur à Vienne, M. de La Rochefoucauld, un traité d'alliance ou une convention de garantie territoriale; M. de Stadion se dérobait, promettait de soumettre ces importantes propositions aux délibérations de son gou-