‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 36 sur 185 · Corr. de Napoléon, XIII, 58g; XIV · texte numérisé non relu

Corr. de Napoléon, XIII, 58g; XIV

autour d'elle toutes les branches éparses de l'antique famille des Slaves1. » Alexandre n'osait pas, car il savait bien que l'Autriche et la Prusse n'y consentiraient pas, que c'était le moyen de les jeter dans les bras de la France.

Dans le même temps, un ami de Czartoryski, Stanislas Niémcewicz, proposa de forcer la main au tsar : il n'y avait qu'à réunir tous les maréchaux de la noblesse polonaise à Vilna et à leur faire proclamer Alexandre roi de Pologne. Mais était-il si facile de réunir pour un tel but toute la noblesse du pays ?

Joseph Poniatowki lui-même hésita quelque temps sur le meilleur parti à prendre, et ne se décida pour Napoléon que dans les premiers jours de décembre, et même alors il lui resta des scrupules '2.

Le 2 5 janvier 1807 encore, l'archevêque Siestrzencewicz mettait dans une lettre les Polonais en garde contre la « conscience parjure » de Bonaparte.

Des questions d'intérêt entraient aussi en ligne de compte; les nobles redoutaient un bouleversement social par le développement des idées révolutionnaires : on a vu plus haut les desseins de Thaddée Mostowski. Le principe de l'abolition du servage leur paraissait renfermer les pires catastrophes. Déjà sur ce point on distinguait à Varsovie deux partis dont l'antagonisme fut dès l'abord inquiétant, les modérés et les radicaux. Maret et Talleyrand, installés bientôt à Varsovie, eurent beaucoup de peine à les tenir en équilibre, à les ménager les uns et les autres, tout en évitant de se prononcer pour les uns ou pour les autres. Sans trancher la division, on pourrait dire qu'en général les radicaux comptaient sur la France, et les modérés plutôt sur la Russie.

Or il ne semble pas que Napoléon ait songé sincèrement à

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