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Corr. de Napoléon, XIV

Napoléon écrivait en même temps dans le même sens à Sébastiani : « C'est le moment où la Porte peut recouvrer son indépendance. Vous êtes autorisé à signer un traité secret offensif et défensif par lequel je garantirai à la Porte l'intégrité de ses provinces de Moldavie et de Valachie, et de la Servie. Pressez-la de réunir des troupes du côté de Choczim, et je m'engagerai à ne faire la paix avec la Russie que de concert avec elle. Faites ce qui vous sera possible pour faire sortir la Porte de son engourdissement. » Talleyrand de son côté liait le sort de la Turquie à celui de la Pologne : « La Porte n'a perdu son indépendance que depuis l'anéantissement de la Pologne ; elle ne peut la retrouver que dans le rétablissement de cette monarchie1 ».

La Turquie enfin se réveilla.

Un grand conseil eut lieu au Divan. Les résolutions les plus énergiques y furent prises ; la guerre fut décidée contre la Russie; tous les rites religieux usités en cette circonstance furent accomplis ; les armements furent ordonnés et aussitôt fiévreusement précipités. La Porte était comme galvanisée, ressuscitée par l'énergique volonté de Napoléon.

Et cela dura.

Le 24 décembre, Italinski reçut notification officielle de la rupture, fondée sur linvasion des Russes en Moldavie et la violation du territoire ottoman. Il craignit d'être enfermé aux Sept-Tours selon la coutume. L intervention de Sébastiani lui évita ce désagrément, et ce fut une victoire de plus de l'influence et de la générosité françaises.

Les hospodars, Ypsilanti et Morousi, furent de nouveau destitués, et leurs fonctions furent réunies sur la tête d'Alexandre Soutzo : pure sinécure, la Moldavie et la Valachie devant être pendant quelque temps encore occupées par les troupes russes. Le grand-vizir annonça son départ pour

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