LA VEILLE I>E TILSIT
et quant à la reconnaissance du roi Joseph, elle sera subordonnée aux indemnités à demander pour le roi Ferdinand ' . »
Tout de même, notons en passant qu'il n'était pas question de ramener la France à ses « anciennes limites » .
Mais Alexandre s'était arraché définitivement à cette politique étroite et haineuse ; il avait hâte de voir le conquérant, avec la secrète ambition, peut-être, de le conquérir, de remployer à la grandeur de la Russie. En ratifiant l'armistice, il écrivit à Lobanof : « Vous exprimerez à l'empereur Napoléon combien je suis sensible à tout ce qu'il m'a fait dire par votre organe, et combien je désire qu'une union étroite entre nos deux nations répare les maux passés. Vous lui direz2 que cette union entre la France et la Russie a été constamment l'objet de mes désirs et que je porte la conviction qu'elle seule peut assurer le bonheur et la tranquillité du globe. Un système entièrement nouveau doit remplacer celui qui a existé jusqu ici, et je me flatte que nous nous entendrons facilement avec l'empereur Napoléon, pourvu que nous traitions sans intermédiaires. Une paix durable peut être conclue entre nous en peu de jours. »
G était demander une entrevue, et le tsar, accompagné du roi de Prusse, s'approcha déjà jusqu'au village de Piclupœnen, à quelques kilomètres de Tilsit. Le 24 juin, Duroc vint lui offrir, de la part de Napoléon, une entrevue à Tilsit pour le lendemain. La chose fut aussitôt convenue : Alexandre et Napoléon avaient le même désir de se voir.