‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 75 sur 185 · S. Tatistcheff · texte numérisé non relu

S. Tatistcheff

LES TB.VITL'S 197

grand Napoléon me traite avec une haine implacable qui ne caractérise pas le grand homme. Il a déclaré que sans mon renvoi du service il n'entrerait dans aucune négociation, qu'il préférait faire quarante ans la guerre si j'y restais. Vous pensez quel est le parti que j'ai pris1.»

Le 12 juillet, derrière Napoléon en route sur Dresde, Berthier signa avec Kalkreuth une convention d'évacuation2. Mais comme cette évacuation fut liée au paiement de contributions diverses et nombreuses dont le montant ne fut pas fixé, en réalité la Prusse ne fut pas évacuée, ni l'Allemagne : la France se trouva soulagée longtemps des frais d'entretien de la Grande-Armée, qui demeura sous les armes pour assurer l'exécution des récents traités.

Ainsi, avant de rentrer en France, Napoléon fixa les cantonnements des différents corps : Davout au duché de Varsovie ; Soult dans la Vieille-Prusse, de Kœnigsberg à l'Oder ; Mortier, dans la Haute et Basse-Silésie ; Brune, en Poméranie.

Alors les ordres impériaux se précipitèrent pour assurer l'exécution immédiate des clauses de la paix : lettre au roi de Saxe pour l'inviter à prendre possession de Varsovie ; lettre à Jérôme pour lui annoncer sa promotion au trône de Westphalie et lui ordonner de préparer une constitution, « afin d'effacer les ridicules distinctions de l'ancien régime » : c'était le commencement de la transformation sociale de l'Allemagne selon les lois françaises ; ordre au roi Joseph de prendre toutes les mesures nécessaires à l'occupation de Corfou ; ordre pour l'adjudant-commandant Guilleminot, chargé de se rendre à Widdin pour assurer la signature d'un armistice entre les troupes russes et turques ; ordres aux différents ports pour la réception des vaisseaux russes rentrant dans les eaux russes,

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