M. Handelsman, Napoléon et la Pologne
DE TILSIT A SAIXTCLOUD 2o3
loi et sur l'abolition du servage; l'Empereur aimait, dit-on, à répéter : « J'ai aboli le servage immémorial en Pologne, c'est le laurier le plus cher de mes victoires. » Et sur ces principes, on commença d'adapter le Code Napoléon au grand-duché.
Au point de vue politique, la Pologne était représentée, auprès du roi, par une Diète générale de deux Chambres, le Sénat et la Chambre des nonces. Le Sénat était composé de 6 évêques, 6 palatins, 6 castellans, nommés à vie par le roi. La Chambre des nonces était composée de cent membres, soixante nommés par les diétines nobles de chaque district, quarante nommés par les assemblées communales composées des propriétaires non nobles , des fabricants et chefs d'ateliers, des marchands ayant un fonds de boutique équivalant à un capital d'au moins io.ooo florins, des curés et vicaires, des artistes ou citoyens distingués par leurs talents ou par leurs services, des officiers, des sous-officiers ou soldats décorés1. C'était, comme on disait en Italie, les Possidenti, les Dotti, les Commercianti. Ces députés ou nonces des diétines et des assemblées communales étaient élus pour neuf ans et renouvelables par tiers tous les trois ans.
Enfin la Diète générale ne devait se réunir que tous les deux ans, sur convocation du roi, pour une session de quinze jours. Il ne fallait pas que le pouvoir législatif eût trop d'autorité.
Car cette Constitution ne fut pas un monument de liberté. Etant d'inspiration napoléonienne, elle concentra les pouvoirs essentiels au profit de l'exécutif. Le roi de Saxe fut grand-duc de Varsovie à titre héréditaire, à peu près comme l'avait voulu la Constitution de 179 1 ; il était assisté d'un Conseil d'Etat, nommé par lui, et qui partageait avec lui, comme en France, toute la réalité de l'autorité; une forte