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Corr. da Napoléon, X

DE TILSIT A SAINT-CLOUD

deux mois. Cependant une énorme quantité de marchandises anglaises était confisquée et détruite à Hambourg.

Contre le Portugal, à l'aile gauche de ces dispositions prises pour assurer le blocus continental, les trois camps volants de Saint-Lô, Pontivy et Napoléon- Vendée, étaient dissous et transformés en trois divisions du corps d'observation de la Gironde, à Bayonne, sous le commandement de Junot. Les sommations étaient prêtes à l'adresse du gouvernement de Lisbonne, l'exécution aussi.

La situation de l'Europe centrale était consolidée d'un jour à l'autre sous l'autorité de l'Empereur. Les princes de la Confédération du Rhin vinrent en nombre à Paris, le i5 août, pour la fête triomphale qui y fut célébrée ; ce leur fut une occasion de continuer leurs humbles réclamations ; depuis le Congrès de Rastadt jusqu'à la fin de l'empire, les princes allemands, ceux de l'ancien régime comme ceux du nouveau, ne cessèrent pas de mendier.

Un lien de plus rattacha l'Allemagne à l'empire. Le 5 août, le maréchal Bessières fut envoyé à Stuttgart, avec le titre d'ambassadeur extraordinaire, afin de demander au roi de Wurtemberg la main de sa fille la princesse Catherine pour le frère de l'Empereur Jérôme-Napoléon. Il y avait environ un an que ce mariage était résolu en principe.

Le 18 août, un décret impérial, rendu au palais des Tuileries, constituait le royaume de Westphalie, avec les Etats de Brunswick-Wolfenbuttel, la partie de l'Alt-Marck située sur la rive gauche de l'Elbe ; — la partie du pays de Magdebourg située sur la rive gauche de l'Elbe, le territoire de Halle, le pays de Hildesheim et la ville de Goslar, le pays de Halberstadt ; — le pays du Hohenstein, le territoire de Quedlinburg, le comté de Mansfeld, l'Eichsfeld, avec Treffurt, Mûlhausen, Nordhausen ; le comté de Stolberg ; — les Etats de Hesse-Cassel avec Rinteln et le Schauenburg, non compris le territoire de Hanau, Schmalkalden et le

Katzenelnbogen du Rhin ; Gœttingen et Grubenhagen, avec les enclaves de Hohenstein et d'Elbingerode, l'évêché d'Osnabriick, l'évêché de Paderborn, Minden et Ravensberg et le comté de Rietberg-Kaunitz.

L'administration du nouveau royaume était confiée à une régence provisoire, composée des conseillers d'Etat Beugnot, Siméon et Jollivet et du général de. division Lagrange, en attendant que le roi de Westphalie prît possession de ses Etats, le ier octobre suivant1.

La princesse Catherine de Wurtemberg arriva à Paris le 2 1 août. Le mariage civil et le mariage religieux du nouveau roi et de la nouvelle reine de Westphalie furent célébrés le 22 et le 23 août.

La Prusse était toujours occupée par des garnisons françaises, qui coûtaient cher ; elle ne pouvait être évacuée avant le paiement des contributions dont elle avait été frappée, et Daru la pressurait avec zèle. Elle se plaignait. « Faites connaître à l'envoyé du Roi de Prusse, disait l'Empereur à Talleyrand, que mon armée n'évacuera point jusqu'à ce que les contributions aient été payées ; que les contributions ne m'appartiennent pas, mais à mon armée, et que, si elles n'étaient pas payées, je serais obligé d'en faire sortir la valeur de mon trésor. » Et à Savary, alors à Saint-Pétersbourg, Napoléon écrivait dans le même sens : « On ne manquera pas de vous parler des Prussiens : ils continuent à ne savoir ce qu'ils font; il est faux qu'on leur ait imposé aucune contribution nouvelle...; mais ce sont des gens qui se plaignent toujours et ne savent prendre aucun parti 2. »

L'Autriche était surveillée de près, car elle était encore armée. Peut-être même était-ce une des raisons pour lesquelles Napoléon ne voulait pas évacuer le territoire prus-

i. Correspondance de Napoléon, XV, 5o8.

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