‹ Napoléon et l'Europe; TilsitChapitre 90 sur 185 · Aff. Etr., Corr . <l>> Russie, vol. i \.\. f · texte numérisé non relu

Aff. Etr., Corr . <l>> Russie, vol. i \.\. f

2. Voir ses instructions dans Schilder, L'ambassade de Tolstoï à Paris (1807- 1808;, t. LXXXIX de la Société historique russe.

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ration intégrale de sa puissance : plus Prussien que Russe, pourrait-on dire, mais c'était aussi l'intérêt de la Russie que la Prusse fût forte pour arrêter la conquête napoléonienne sur le chemin de l'Orient.

A Paris, Tolstoï fut accueilli à bras ouverts ; Murât dut lui céder son hôtel et s'alla loger ailleurs. On donna de grandes fêtes en son honneur ; on l'appela à prendre part aux réjouissances de Fontainebleau, et l'Empereur et l'Impératrice lui témoignèrent une faveur particulière, l'entourèrent de soins1. Il n'en fut pas touché, resta froid, hostile même, vanta la valeur de l'armée russe, qui n'avait été vaincue que par accident et saurait prendre sa revanche, faillit se battre là-dessus avec Ney. Il n'était pas du tout « l'homme de l'alliance ».

Quand il en vint aux affaires de sa mission, il demanda carrément l'évacuation de la Prusse, déclarant que la Russie ne pourrait s'estimer en paix avec la France tant que la première condition du traité ne serait pas accomplie2. Napoléon le reçut, pensa le dompter, le gagner : « À quoi bon s intéresser au roi de Prusse, un allié si incommode? », offrit de laisser la Russie en Moldavie, en Valachie, de lui donner même Constantinople : il n'y avait qu'à s'entendre, et l'on s'entendrait aisément.

Tolstoï ne succomba pointa la tentation; il n'avait aucune confiance dans ce langage : sa haine était clairvoyante ; il savait que jamais Napoléon ne laisserait la Russie s'avancer sur le chemin de Byzance, que tous ces propos n'étaient que pour l'éblouir et le désarmer. II s'en tint à l'évacuation de la Prusse, sentant que la Russie restait elle-même sous la menace des armes françaises tant que Davout était à Varsovie et tenait la ligne de la Vistule.

Cependant Roumianlzoff gardait le contact avec le gouver-

i. Voir à ce sujet A. Vandal, Napoléon et Alexandre /';r, I, 194 et s. — A. Sorel, VII, 224 et s.

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