LES REGRETS DE L'EMPEREUR
une souveraine, Louise de Prusse mourut eu 1810, âgée de trente-quatre ans.
Le royaume prussien trouvera dans la dernière coalition contre la France l'occasion de se relever. Un de ses généraux, Bliicher, aura l'honneur insigne de porter à Waterloo le coup décisif au géant de gloire qui, pendant quinze ans, avait courbé l'Europe sous le poids de son génie.
Avec une àme moins prédisposée aux solutions amiables, moins inclinée à respecter la légitimité souveraine de ses ennemis, Napoléon n'aurait vu à Waterloo ni l'empereur de Russie, qu'il avait tenu à sa merci le lendemain d'Austerlitz ; ni le roi de Prusse, ni l'empereur d'Autricbe, dont, en plusieurs occasions, il eut le pouvoir de briser les couronnes. Par conséquent, si trois des quatre monarques qui le combattirent n'étaient pas, en 1815, à l'état de prétendants errants ou relégués dans quelque lieu insalubre, c'est parce que Pempereur des Français ne sut pas frapper ses adversaires avec la cruauté dont ils usèrent impitoyablement à son égard.
Revenant de ses erreurs et regrettant son indulgence envers les dynasties européennes, Xapoléon a pu dire à Sainte-Hélène : « Bien qu'on m'ait salué, au nom des souverains, de '^ moderne Attila 55 , de « Robespierre à cheval 5) , tous savent mieux au fond de leur cœur, qu'ils y descendent ! Si je Pavais été, je régnerais encore peut-être, mais eux, bien sûrement et depuis longtemps, ils ne régneraient plus. «