Corresp. de \ap., XTV, 479, n
Handelsman 8
dération qui deviendrait maîtresse du pays » et pourrait s'emparer «des magasins, etc. Ce serait une diversion favorable et je pourrais être à même de la soutenir. » Celle diversion obligerait Essen à faire un mouvement et permettrait de retirer le corps français qui est devant lui. Napoléon pense que le mouvement doit commencer dans un mois, avant l'arrivée du corps français, afin de favoriser sa marche*. Le plan de Horodyski a donc un début d'exécution en prenant une forme concrète dans la pensée de lEmpereur.
Talleyrand communique confidentiellement aux membres du Gouvernement ce que Napoléon lui a écrit; il en parle d'abord à Stanislas Potocki « parce qu'il a des terres aux environs de Kamieniec. » Le 9 mars, au matin, il voit Horodyski et Neyman et recueille des nouveaux renseignements qu'il communique tout de suite à Napoléon. D'après ces indications les forces de l'insurrection sont les suivantes : u Augustin Trzecieski peut faire insurger 50.000 hommes dans la province de Kiovie, laPodolie peut fournir6.000 hommes; M, Malinowski a la plus grande influence dans cette province. La levée sera toute en cavalerie, l'infanterie n'est point en usage. La levée de la province de Riovie consisterait principalement en Cosaques. Il n'y a point de munitions de guerre, point de fusils, mais seulement quelques sabres, des pistolets et des piques. » L'insurrection peut soutenir pendant deux à trois semaines l'effort de la milice composée de paysans russes (et dont le chef-lieu est Winnitza), c'est à-dire le temps que mettaient à revenir dans le pays les troupes qui sont en Valachie et en Moldavie. Elle peut disposer de douze cent mille francs et aura lieu le 42« jour après la parole donnée par Napoléon à Horodyski -.
Le 10 mars, Neyman adresse à Talleyrand une lettre dans laquelle il le prie de « ne pas communiquer à qui que ce soit de Polonais les noms des agents et particulièrement celui de l'agent en chef des associations patriotiques g. » Il résume