Dawyidof. II
découragée par tout ce que les généraux lui ont fait souffrir; une désorganisation parfaite dans nos moyens et nos ressources; aucun espoir de succès et aucune utilisation quelconque, dans tous les sacrifices auxquels nous aurions pu encore nous obstiner ^ » Si l'on ajoute à cela la crainte d'un soulèvement des paysans, l'instruction presque nulle de toutes les forces qui allaient venir de Russie^, l'on comprendra aisément que Popof, envoyé pour reconnaître l'état des choses après la bataille, pouvait écrire au tsar, le 20 juin : « Maintenant, tout dépend de la permission de Votre Majesté. Les minutes sont chères, les pas glissent, les événements commandent la conclusion d'une paix ou d'un armistice le plus tôt possible ^ »
Alexandre savait qu'il existait dans son entourage immédiat, un parti de la paix à la tête duquel se trouvait le grand duc Constantin. D'après les mémoires du temps, on l'avait menacé, en cas d'opposition, du sort de son père*. Une pareille attitude de son entourage n'était un secret pour personne et Bourgoing pouvait écrire même de Dresde à Talleyrand, que les Polonais avaient résolu de pousser Alexandre à la paix, par l'intermédiaire de M^'^ Xarisckhine, en dirigeant son attention « sur sa position, sur ses véritables intérêts, sur les dangers qu'il court pour sa personne"' ». Bien qu'à regret Alexandre dût se décider à négocier.
La situation de Napoléon semblait tout autre. Il ne tenait qu'à lui de pénétrer au-delà du Mémen, dans un pays