‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 107 sur 182 · Delbruck, II, 283, Schilder, II · texte numérisé non relu

Delbruck, II, 283, Schilder, II

3. Bourgoing à ïalieyrand le 17, VI. 1807. A/j^. Elr. Saxe. Corresp., 16, fo 527-8.

dégarni des troupes, et qui l'attendait depuis longtemps avec impatience. S'il n'était qu'un « monstre avide de sang », il n'avait qu'à continuer la guerre. iMais, nous le savons, il ne cherchait qu'une paix avantageuse, et il ne pouvait pas la refuser au moment où elle devait lui procurer, non seule ment l'apaisement, mais aussi unpuis^sant allié. Mais il dépendait également de son armée. « Si malheureusement », disait Percy, <* il venait à être ordonné à l'armée de passer le Mémel i Niémen) pour poursuivre les Russes et continuer la campagne, je ne sais trop ce qu'il en résulterait, tant on est enclin à la nostalgie. Depuis S. M. ou du moins depuis les maréchaux jusqu'aux tambours, toute l'armée sans exception demande à revoir la France ^ ». Si l'indiscipline n'existait pas encore dans les rangs des Français, elle pouvait se développer facilement.

Un seul objet pouvait peser sur la décision de l'Empereur, c'était la Pologne. Et il est facile de comprendre après ce qui a été dit, que cette question ne l'arrêterait point. Napoléon se disait libre de tout engagement, il l'était peut-être, en plaçant la question sur le terrain formel. Il n'attendait que le moment favorable à une paix, qui devait consacrer son autorité sur toute l'Europe continentale, pour pouvoir concentrer toutes ses forces contre le seul véritable ennemi de la France, l'Angleterre. Une guerre pour restaurer la Pologne dans ses limites d'avant 1772 l'aurait entraîné pour longtemps dans l'intérieur de la Russie. Si l'on joint à cela l'incertitude d'une telle campagne, l'étendue de la Russie, les préparatifs de lAutriche, on conçoit avec quel plaisir il vit les propositions russes.

Mais extérieurement, envers les Polonais, il n'y avait rien de changé ni dans son attitude, ni dans la conduite de ses

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