‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 114 sur 182 · Shoniik, t. 89, p. XLIl · texte numérisé non relu

Shoniik, t. 89, p. XLIl

(( de laisser le temps tout-puissant faire le reste et préparer un terrain favorable à des futures combinaisons politiques ». Si Alexandre avait protesté contre cette création, elle n'aurait jamais eu lieu. Il aurait été également étrange que Napoléon ne profitât pas de ces dispositions d'Alexandre envers la Pologne pour créer sur la Vistule une situation propre à rappeler à la Russie d'une façon permanente les négociations de Tilsit. Alexandre s'était aventuré si loin dans ses sympathies polonaises qu'il voulait que les trônes de Pologne et de Saxe soient donnés à Jérôme ; ce fut Napoléon qui dut modérer soninterlocuteur. Enfin de compte, la Pologne futdonnéeauroideSaxe,etie district de Bialystok à la Russie. M. Schilder remarque fort judicieusement dans l'article 5 du projet du traité qui concerne la Pologne, la phrase suivante : «Par une suite du désir exprimé en article précédent (c'est-àdire audésir d'.Vlexandre , S. M. l'Empereur Napoléon consent à ce que '...«Cela semble indiquer », dit l'historien russe, « que Napoléon voulait bien montrer dans le traité, à qui appartenait l'initiative de la formation du duché ». Ces naots furent biffés ensuite, avec apposition des signatures de Napoléon et d'Alexandre. Il en résulterait que " le vrai créateur du duché de Varsovie n'est pas Napoléon, mais l'empereur Alexandre ^>k M. Loret, un écrivain polonais, accepte cette hypothèse, en y voyant une sage et profonde explication de la genèse du duché. Il croit voir dans la proposition de Napoléon l'intention bien réfléchie de lier la Pologne à la Russie de façon que celle-ci serve de contrepoids, entrave la liberté d'action de la Russie, et oppose cette dernière à la Prusse et aussi à l'Autriche. En reconnaissant dans la personne du tsar le créateur du duché, il explique la formation de ce dernier comme le résultat dun compromis entre les plans d'Alexandre, ses méditations à Pulawy et à Bartenstein, ses négociations à Taurogen avec Kniaziewiez, et les idées de Napoléon; il termine en indiquant les changements introduits dans le projet du traité de Tilsit ^

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