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128 NAPOLÉON Eï LA POLOGNE.
bien rusé, un vrai u Grec du bas empire yy^ comme l'avait dit Napoléon. « Je hais les Anglais autant que vous les haïssez et je serai votre second dans tout ce que vous ferez contre eux>s telles furent, dit-on, ses premières paroles à Napoléon ^ . C'était une entrée en matière bien méditée, qui devait lui attirer la sympathie de l'Empereur. Il en résulta une première entrevue de deux heures environ. On ne doit pas y voir l'expression d'un sentiment qui animait à la vérité le tsar. Il pouvait être mécontent, se sentir oftensé par les Anglais, mais en prononçant ces paroles, il n'avait d'autre but que de dissiper toute méfiance chez Napoléon.
Aussi la conduite de Napoléon semble avoir été identique. Il ne voulaitpasde dissonances dans la conversation, il exposait donc des plans immenses et peu réalisables et évitait de toucher tout ce qui était capable d'exciter la méfiance. On « disait Alexandre épris de la Pologne ; il le disait volontiers lui-même : le rétablissement de la Pologne était son idée favorite. Napoléon eut soin d'effleurer à peine « tout ce qui tenait à la Pologne et aux Polonais - •>. avec la ferme résolution de ne pas en faire une cause de discorde entre les parties contractantes.
M. Schilder pense que l'idée de créer le duché de Varsovie doit être entièrement attribuée non à l'Empereur des Français, mais à Alexandre ^ Dans son histoire d'Alexandre l'historien russe soutient de nouveau cette opinion par un raisonnement qui semble fort juste. Napoléon aurait proposé à Alexandre de prendre la Pologne et de se proclamer roi de ce pays. Alexandre ne voulant pas accroître ses Etats aux dépens de son allié, trouva un autre moyen de résoudre la question, en parlant de créer un Etat polonais, petit mais indépendant,