Bailleu, Verhandlungen, 206, n" lo: 210, n
seront la barrière qui séparera les grands empires ^.. » On ne saurait donc voir là l'initiative d'Alexandre. Dans cette résolution c'était bien Napoléon qui créait le Duché. Il y a cependant une part de vérité dans l'hypothèse de Schilder, c'est-à-dire que le tsar acceptait en effet cette solution et la consacrait de bonne volonté. Napoléon faisant mine de se désintéresser de la Pologne, offrait ce pays à la Russie, avec la ferme conviction qu'elle ne pouvait pas l'accepter ; il s'évitait ainsi la peine d'insister pour la création d'un Etat polonais indépendant, dans le cas où Alexandre aurait été contraire à ce projet. Le Duché devait être en sommel'œuvre d'un compromis, le résultat des divergences d'intérêts dynastiques et d'actualités diplomatiques, mais la paternité de cette création devait revenir à Napoléon et à personne d'autre.
Non seulement il était le créateur du petit Etat de Varsovie, mais il devait encore marchander pour l'étendue de son futur territoire avec les Russes. Napoléon avait promis à Alexandre de rendre en chiffres ronds 600 000 habitants à la Prusse, il avait en même temps Tintention de restituer au duché de Varsovie toutes les possessions polonaises, appartenant à cette dernière. Pour se rendre « agréable à l'empereur Alexandre » après que la question du roi de "NVestphalie fut définitivement réglée et pour obtenir son consentement à la formation désirée de cet Etat, Napoléon s'écarta de son plan primitif et « consent à donner l'équivalent de ces 300 000 âmes au roi de Prusse en les prenant sur les Etats de la Pologne qui séparent Kœnigsberg de Berlin. » Quant à Memel, c'est la Saxe qui cédera sur la rive droite de l'Elbe un territoire équivalent. Napoléon allait au devant des désirs du tsar en disposant du pays appartenant à la Saxe ou des futurs pays polonais pour restituer à la Prusse la somme contractée et donnera la Russie le district de Même).
Dans une nouvelle note du 0 juillet. Napoléon s'intéresse à la démarcation de la frontière polonaise, les plénipotentiaires russes ayant voulu la pousser jusqu'à Sierock. Il s'écrie : <( Mais alors les frontières russes formeraient égalementune