Rapport de Vincent
Varsovie, le 26 mai 1807.
Votre Excellence m'ayant permis de l'entretenir des circonslances de ma nouvelle mission, les plus dignes de fixer un instant son attention, j'ose espérer qu'elle ne trouvera pas mauvais que je me prévale quelquefois de l'autorisation qu'elle m'a donnée.
Je suis parti de Rosenberg le 22 au soir emportant avec moi un souvenir bien ju-ofond des nouvelles preuves de bienveillance dont Sa Majesté a daigné me combler et qui auraient augmenté mon dévouement pour son service s'il était possible de rien ajouter à relui que je professe depuis longtemps.
Arrivé à Varsovie le 24, mon premier soin a été d'écrire à M. le maréchal Malacliowski, président de la Commission de Gouvernement, en le prévenant de ma nomination et le priant de me faire reconnaître dans la fonction que je venais exercer.
J'ai la certitude que la Commission aurait désiré que je demandasse une audience pour remettre le décret de ma nomination, mais j'ai cru que cette forme, qui semblait donner à ma mission un caractère diplomatique, pouvait avoir des inconvénients et j'ai été confirmé dans le parti que j'ai adopté, lorsque j'ai appris que le bruit général à Varsovie était que Sa Majesté, en m'accréditant auprès du Gouvernement Provisoire, venait d'en reconnaître i'indé pendance. Dès lors j'ai dû malgré les insinuations de quelques membres du Gouvernement persister dans un plan de conduite qui ne donnât pas à soupçonner autre chose que ce qui est contenu dans le décret de Sa Majesté. Le caractère donné à ma mission
Ha.sdkls.man. 15
parles Polonais a paru tellement inquiétant à M. le général de Vincent, envoyé extraordinaire de Sa Majesté l'Empereur d'Autriche, qu'il a été sur le point d'expédier un courrier à sa cour. M. le baron de Dalberg, ministre de Bade, Ta engagé à suspendre et s'est chargé de me demander une explication verbale. J'ai cru devoir lui répondre que les rapports que Sa Majesté avait créés entre le Gouvernement provisoire et moi étaient très clairement déterminés dans le décret de ma nomination et que rien n'y donnait à entendre que je fusse chargé d'autre chose que des affaires relatives à l'armée et à l'administration française, ce qui n'avait aucun rapport avec la politique.
On a publié hier par ordre du Gouvernement la nouvelle de lu capitulation de Dantzig, elle fait la plus agréable sensation parce qu'on espère que la Grande Armée ne tardera pas à entrer en campagne.
Je suis avec un dévouement sans bornes, etc.
{ArcU. \fl/. A. F. IV, 1692, dos. 2, N" 3.31.)