‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 151 sur 182 · La Délégation des Galiciens · texte numérisé non relu

La Délégation des Galiciens

«) Stanislas Malachowski à Dombrowski, Konskie, l'nov. 1806 (traduction).

La proclamation de V. E. est parvenue à ces malheureux compatriotes que sépare la Pilica. Treize ans d'esclavage, les persécutions continuelles des habitants de toutes les classes, la triple harrière divisant nos frères, n'ont pas pu éteindre l'esprit et lénergie des Polonais. Nous vous avons regardé, Général, comme <;elui qui, au milieu de la tempête, voyant un arbre renversé, a emporté avec lui une branche de cette précieuse plante, l'a conservée soigneusement et nous la rapporte pour la replanter. L'approche de V. E. avec les débris de notre Nation a fait revivre nos esprits et palpiter nos cœurs, ayant surtout entendu les paroles pronon- •cées parle Héros de l'Univers : Je verrai, je verrai, si les Polonais ^ont dignes d'être une Jiation. Cette voix fut un signe du ralliement général et s'est répandu depuis l'Oder, le Dnieper, le Dniester jusqu'aux monts Karpathes.

Etant plus près du trône de l'invincible Napoléon, dites-lui, au nom de vos compatriotes, que toute notre espérance est fondée sur la toute-puissance de son bras, que puisque vous nous trouvez tout prêts à votre première proclamation, au seul ordre de Napoléon toute la Nation polonaise se lève en masse pour être digne de sa protection et pour maintenir la renommée du nom Polonais. — Oui ! la Pologne seule est parvenue à ce degré d'enthousiasme, et s'est élevée par lui au-dessus des autres Nations, parce qu'elle a su sentir et admirer les grands faits de l'immortel Napoléon. Les alliés de la France donnèrent le nom de crime à cet enthousiasme, persécutaient et enchaînaient les Polonais pour

s'être réjouis des triomphes du vengeur de notre misère. — [.a Pologne ressuscitée sera toujours la puissance la plus fidèle, pour la grande Nation française et le gardien des puissances limitrophes, dont l'impuissance de nuire à la France en a fait ses alliés.

Parmi tous ces peuples qui doivent leur existence et leur splendeur au Grand Napoléon, aucun ne saura apprécier autant ses bienfaits que les Polonais qui, après la perte de leur bonne mère, retrouvent en lui un puissant père. Toutes les deux Halicies, brûlant du même esprit de patriotisme, m'ont chargé de demander à V. E. comment elles doivent être considérées et ce qu'elles doivent faire. Nous attendons vos ordres avec impatience, lesquels, m'étant confiés, seront exécutés avec toute l'exactitude possible.

Agréez, etc.

b Dombrowski à Napoléon, Posen. 22 Nov. 1806.

M»-ssit'urs les Comtes Pierre Strzyzewskiet Stanislas Korwosiecki auront l'honneur de présentera Votre Majesté la lettre qui vient de m'étre écrite par le comte Stanislas Malachowski, neveu du Grand Maréchal de la Diète de Constitution du 3 de Mai 1790 (!) homme connu par ses vertus, et par ratLichement à sa patrie.

Cette lettre exprime les vœux ardents de mes compatriotes de la Pologne autrichienne de se réunir à nous, de sacritier leurs vies, leurs biens et tout ce qu'ils possèdent pour contribuer à la régénération de leur patrie et de montrer au Grand Napoléon qu'ils sont dignes d'être Polonais.

Je supplie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions à cet égard.

J'ai l'honneur, etc.

Arch. -Va/., A. F., IV, 1692, dos. 2, N. 119, 121.)

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