Mémoire de J. Moszynski
pn-^onté à la Chambre Suprême, le 29 décembre 1806.
Malgiv la meilleure volonté de ma part, me voyant à toute occasion contrecarré dans Texécution de mes devoirs, je me vois "Idigé de demander à la ('.liambre des guerres qu'elle veuille bien 'iitiu ou prescrire jusqu'on peut aller l'autorité de différentes magistratures ou leur abandonner toute responsabilité, jusqu'au moment où un Gouvernement stable en réunira tous les ressorts, ir rien de plus facile que de prononcer ce mot sonore, il est vrai :
Tout est sous mon autorité », mais paralyser par là les efforts '!•' chaque magistrat. Dans toute occasion, principalement dans l^^s circonstances présentes, la police et la municipalité ne sauraient être actives selon l'exigence du cas si un fond tel quel n'est à leur disposition, puisque étant obligées de s'adresser toujours à la Chambre et ne recevant que des refus ou des retards, elles sont mises hors d'état de répondre à ce que l'activité de leur charge leur impose. Voilà entre autres encore l'affaire des 900 hommes qui doivent être remis au prince Poniatowski dans la journée, il faut les accompagner de la somme de dix mille ducats pour leur habillement. La volonté précise de Sa Majesté l'Empereur et Roi est qu'ils soient au complet, — l'affaire en reste là parce que la municipalité, pouvant tirer des moyens de ses sources pour en acquitter le payement, a reçu l'intimation de la Chambre de ne disposer d'aucun fond sans être autorisée par elle et de n'avoir aucun égard aux bons du chef de la police. Cette manière tortueuse me lie absolument les mains et décharge sur moi toute responsabilité devant Sa Majesté l'Empereur Roi, elle m'oblige
enfin d'en faire mon rapport à S. M., rapport accompagné des témoignages de MM. les généraux, officiers, commissaires, ordonnateurs et commissaires des guerres français que dans les moments les plus chauds, au premier instant où tout se commençait par la police, ce n'était que la police qui agissait et qui faisait face à toutes les réquisitions, à la satisfaction de l'armée entière et que je n'ai été que toujours entravé dans mes opérations. Mon rapport est fait. Loin de vouloir compromettre de quelque manière que ce soit mes compatriotes et moi, j'en préviens la Chambre suprême, j'attends tout de suite sa réponse, si elle ne daigne me la donner, j'envoie sur-le-champ un courrier à Sa Majesté et la responsabilité en pèsera tout à fait sur elle.
(Copie traduite envoyée à l'Empereur, Arch. \at. A. F.,l\, 1692
dos. 2, n" 108.)