Rapperswil, Annales polon
6. L'ancien ami des Girondins, Tancien sénateur de Pologne, proprié-
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Pologne, il envoya au ministre un mémoire, où il démontrait la nécessité de rétablir la Pologne. Cette Pologne devait recevoir un prince héréditaire français, une constitution et des lois calquées sur celles de la France. Il croyait important d'abolir le servage et ajoutait que si l'on craignait de prononcer cette abolition sur-le-champ, il fallait assigner un délai de trois années, afin que l'on puisse s'arranger définitivement durant cet intervalle K
Il se disait malade, retenu par les docteurs, et il l'était vraiment. Mais ce qui le retenait surtout, c'était le peu de confiance qu'il accordait aux projets de l'Empereur. « J'attends comme toi », écrivait-il à Niemcewicz - « des résultats plus clairs qui pourront définitivement fixer et fonder notre existence nationale, après que Ton aura battu et chassé les Russes au delà de la Dwina... Je ne vois encore rien d'assez clair pour que je puisse te conseiller d'entreprendre tout de suite un voyage long et peu fructueux. » Il ajoutait : « en outre, je ne pense pas qu'il y ait dans le plan général du maître de, céans de faire de la Pologne un pays grand, puissant et fort, parce qu'il pourrait facilement, avec le temps, devenir dangereux pour les autres pays fédérés et même parce qu'il pourrait être amené à lutter avec l'autorité suprême... Le seul espoir de conserver notre intégrité serait qu'il veuille se déclarer pour toujours Empereur des Français et Empereur des Slaves pour fonder une forte barrière à l'Orient et écarter tout danger dans l'avenir». Mostowski ne partit pas pour la Pologne. Son mémoire fut également envoyé à Maret par l'intermédiaire de Batowski, l'ancien député à la Diète cons titutionnelle,qui suivait les ordres de Fouché et se rendit sur le théâtre des événements. Mostowski le recommanda à Maret et cette recommandation ne fut pas sans effet.
taire de terres en Pologne et en France, Mostowski, fatigué et malade, était un homme d'un rare esprit et de vastes connaissances.
2. Mostowski à Niemcewicz. La Motte-sur-Beuvron, 30 avril 1807. Bibl. polonaise à Paris.
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Tandis que Napoléon cherchait à attirer les Polonais de Paris, il agissait d'autre part directement en Pologne même. Dombrowski et Wybicki devaient lui servir d'instruments nécessaires. Dans une conversation avec eux où il leur disait: « Je verrai si vous méritez d'être une nation », et où sans doute on décidait de faire venir Kosciuszko, il leur ordonnait d'écrire une proclamation. C'était d'autant plus nécessaire que, comme l'écrivait Davout : « les tètes commencent à être en fermentation en Pologne ^» Il fallait donc entretenir cette fermentalion, soulever un enthousiasme favorable à la conscription et à la création d'une armée. La proclamation proposée par les deux Polonais fut acceptée et imprimée le jour même ile 3 novembre)... «Polonais », y était-il dit, «il dépend donc de vous d'exister et d'avoir une patrie ; votre vengeur, votre créateur est là... Agissez et prouvez-lui que vous êtes prêts à verser votre sang pour recouvrer votre patrie. Il sait que vous êtes désarmés, il vous fournira des armes. Bientôt Kosciuszko, appelé par Napoléon le Grand, vous parlera par ses ordres-. » Il était fait aussi mention de légions qui devaient assurer la protection du vainqueur. La proclamalion était le premier symptôme d'une action directe en Pologne.
Avant de partir pour la Pologne, Dombrowski et Wybicki qui devaient personnellement organiser l'insurrection, envoyèrent cette proclamation à Posen (Poznan) et à Varsovie ^ Dans des lettres à leurs compatriotes, qu'ils joignaient à ces proclamations, ils annonçaient l'arrivée prochaine de Napoléon à Posen, et invitaient les nobles polonais à se rendre dans cette ville '* . Ils les priaient aussi de répandre le