‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 18 sur 182 · Korzon, 319-323: Loret · texte numérisé non relu

Korzon, 319-323: Loret

3. Chlapowski, i, 30. Ra.ppevsv:i\ Kosciuszko biog)\ n° 210 Kosciuszko, en 1806 et en 1814. Notices faites après une conversation particulière avec le général Lafayette.

« ... Le génie de R. était assez supérieur pour juger la position de Napoléon. Le héros polonais ne se trompait point sur Tinfluence de son nom en Pologne. Un seul mot de sa part suffisait pour soulever tous les compatriotes. Ne devait-il pas craindre qu'une pareille diversion ne contraignisse sic pas la Prusse à offrir promptement la paix à l'Empereur? et dans ce cas pouvait-il compter sur la bonne foi de celui qui avait déjà trahi la confiance des Polonais à Campo-Formio, à Lunéville et à Presbourg?... Qne seraient devenus alors les malheureux qui. dans une aveugle confiance, auraient levé l'étendard de l'indépendance?... C'est ainsi que raisonnait R. S'il avait été jeune, peut-être aurait-il accepte les propositions du conquérant : car il aurait au moins partagé le danger de ses compatriotes et péri comme eux victime d'un amour inébranlable pour la patrie.

Voilà les vrais motifs du refus de la part de R. de participer à la guerre de 1806. L'Empereur avait envoyé auprès de lui le comte de Ségur, qu'il savait être honoré de l'estime du héros polonais; mais rien n'a pu tléchir ce dernier. Dans la chaleur de la conversation, R. ajouta même : a Bonaparte veut-il que je l'aide à étendre son despotisme jusqu'en Pologne ? elle en a assez et il ne vaut pas la peine de verser du sang pour l'obtenir de loin ».

A BEULI.N. 15

honoré et un mut de lui suffisait comme recommandation pour tous les Polonais qui venaient à Paris *.

Ayant reçu la réponse de Kosciuszko, Napoléon écrivit à Fouché : •> Si Kosciuszko veut venir, bien ; sans cela on se passera de lui ; il serait pourtant bon qu'il vint -. » Il le croyait, bien qu'il pensât en même temps que « le peuple de Pologne n'est pas un peuple qu'on remue avec des proclamations ». Mais Fouché, qui restait à Paris et qui ne le savait pas encore, pensa bien faire en insérant dans le Publkhle (du 18 décembre 1806) une fausse lettre de Kosciuszko. Ce moyen (^ bien misérable» et « bien pitoyable », surtout vu de Varsovie', était d'une grande valeur, si l'on considérait l'influence qu'il produisit sur l'opinion de l'h^urope. Nous le retrouvons encore en 1809, reproduit dans VAnnual regis(er\

Kosciuszko protesta contre l'abus qui avait été fait de son nom. « J'ai lu», écrivait-il en vain à Fouché le ^2"} décembre, « dans les papiers publics, une lettre adressée aux Polonais, signée de mon nom, mais qui n'est pas de moi ; je crois de mon devoir de la désavouer auprès de vous, le ministre de l'Empire français^ ». Le "2:2 janvier il écrivait de nouveau à Fouché après avoir reçu apparemment des nouvelles de la Pologne où l'on était persuadé que l'Empereur lui avait laissé la liberté de choisir les conditions auxquelles il devait prêter son concours. Il se dit prêt à partir pour la Pologne, si l'Empereur voulait assurer par écrit et publiquement : l"({ne le Gouvernement en Pologne sera tel qu'il est en Angleterre; 2'' que les paysans seront libres et propriétaires des terres qu'ils détiennent à présent; 3'' que les frontières iront de Riga à Odessa et de Dantzig jusqu'à la Hongrie. Mais Napoléon n'attachait déjà plus aucune importance à Kosciuszko.

Fouché, en exécutant l'ordre de l'Empereur, s'adressa aussi aux autres Polonais de marque qui restaient à Paris, entre autres à Thadée, comte Mostowski ^ Au lieu de se rendre en

Page 1