‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 4 sur 182 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A BERLIN

« Écoutez Bonaparte consul, il vous dira, comme il me le (lisait alors : <( La Franco est encore humiliée d'avoir contemplé avec une lâche timidité la destruction d'un royaume comme la Pologne. Les Polonais ont toujours été les amis de la France, c'est à moi qu il appartient de les venge?'. Jamais il n'y aura de paix stable en Europe tant que le royaume de Pologne ne sera pas rétabli sur ses anciennes bases dans son intégrité. Patience! si je vis vingt ans, je forcerai bien peutêtre la Russie, la Prusse et l'Autriche à restituer les provinces que, par trois fois, elles se sont partagées. La politique des cours du Nord fut odieuse ! infâme ! spoliatrice * ! » Voilà ce que dit Bourrienne et nous n'avons aucune raison pour douter de sa sincérité. Bonaparte général, consul, empereur, pouvait bien exprimer de semblables idées, il pouvait même les exprimer sincèrement, mais entre ses idées, ses sentiments et sa manière d'agir, il devait bien souvent exister une divergence profonde.

La cause de cette divergence, il l'expliquait lui-même, en

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