Bourrienne, IX, 104. Voir Oginski, II
Handelsman. 1
2 NAPOLÉOiN ET LA POLOGNE.
disant :« Moi, je me déclare le plus esclave des hommes, mon maître n'a pas d'entrailles, et ce maître c'est la nature des choses. » La nature des choses, la nécessité le poussait sans cesse vers un hut. Ce but, c'était ramoindrissement de linfluence de TAngleterre, l'obligation de donner à son nouvel empire carolingien de l'espace et des forces pour une saine évolution économique ^ Cette lutte lui avait été léguée encore par la royauté et surtout par la Révolution. Il n'était que l'ordonnateur des besoins et des idées surgissant dans l'ordre des choses depuis plus d'un siècle. Son rôle nouveau consistait dans une lutte consciente. Ce qu'il y avait d'inconscient chez ses prédécesseurs devenait chez lui l'effort raisonné d'une volonté ferme qui tend à arriver au but parla voie la plus directe. Il veut embrasser tout le continent, il veut en faire un corps uniforme pour imprimer dans l'évolution économique sa puissante volonté -.
Jeté dans cette lutte par la force des circonstances et des conditions, lutteur réfléchi, il est bien loin d'avoir un système d'action, un système unique pour tous les cas et toutes les éventualités. Son système varie, il s'adapte au milieu où u son maître » le fait agir. Napoléon « tend vers un but, on ne peut le méconnaître, mais il n'a pas de plan d'action fixe et arrêté. Il profite du temps, des circonstances, des fautes de ses ennemis, surtout de la mollesse des partis sur lesquels il doit agir; mais il n'a jamais et il n'aura jamais de plan régulier, pas plus en politique qu'à la guerre^ ». Ce jugement d'un rancuneux abbé « bizarrement célébré », l'archevêque de Malines, est bien juste, Napoléon n'a pas de principes : il est un praticien, il se décide vite, agit vite, tombe sur sa proie comme un aigle planant dans le ciel. Avant la guerre il prévoit mille éventualités; mille ordres nécessaires sortent de son cabinet. Une fois lancé dans cette voie de la guerre il devient « irrégulier » . Nulle règle ne saurait l'empêcher de regarder la vérité en face et de voir toutes les conséquences de sa position.