‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 54 sur 182 · Schilder · texte numérisé non relu

Schilder

qualité de représentant du tsar et de la nation polonaise, ou du moins d'une partie de cette nation. Il savait que tous les Polonais ne désirent que la résurrection de leur patrie, qu'ils « suivront même le diable, si le diable les mène au rétablissement » de la Pologne, comme l'a dit Alexandre en 1810*. Mais en même temps il ne pouvait pas ignorer que les habitants delà Lithuanie et delà Volhynie n'attendaient que l'arrivée de Napoléon pour se soulever, qu'ils quittaient leurs foyers et passaient la frontière pour rejoindre les légions polonaises, que si les armées françaises avaient traversé le Niémen, tout ce qui pouvait porter les armes se serait joint à elles -. Mais Czartoryski savait aussi qu'en Lithuanie et à Varsovie (surtout après les premiers insuccès à Pultusk et Golymin) il y avait, parmi la grande noblesse, un parti qui le suivrait parce qu'il doutait de la sincérité des intentions de Napoléon à l'égard de la Pologne et qu'il le croyait disposé à conclure le plutôt possible la paix avec Alexandre ^ Les agrandissements territoriaux en Pologne étaient pour la Russie d'une importance capitale, parce qu'ils établissaient son influence dans un pays qui ne pouvait être séparé d'elle sans qu'elle perdit de ce faitson rôle de puissance européenne^. D'après les indications de Czartoryski, son confident Stanislas Ursyn Niémcewicz compose un grand plan de campagne contre Napoléon (le 24 novembre 1806). Il propose de réunir tous les maréchaux de la noblesse àVilna, où l'Empe-

Page 1