‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 53 sur 182 · Colbert, IV, 353 (Murât à Napoléon, 29 nov · texte numérisé non relu

Colbert, IV, 353 (Murât à Napoléon, 29 nov

pas d'agir, mais celte action se bornait à présenter des mémoires à Frédéric-Guillaume III. Elle produisait cependant une certaine influence sur l'opinion publique. Les projets de Radziwill n'étaient ignorés ni des Polonais, ni même de Napoléon. Encore au mois d'août ou de septembre 1806, Radziwill avec Lubienski travaillaient à un plan de constitution ^ Radziwill proposait à son Roi d'accepter le titre de roi de la Grande-Pologne, au tsar de prendre celui de Lilhuanie et d'inviter les Polonais à former une armée nationale pour combattre Bonaparte. Il voulait ainsi rendre aux Polonais leur ancien nom, mais rien en dehors de cela, pour prévenir l'entente do Napoléon avec les Polonais-. En janvier 1807, il revient de nouveau sur la même question. Ilécritun nouveau projet qui est favorablement reçu par le roi, et dont la teneur sera communiquée à la Russie; il devra obtenir l'approbation de celle-ci. Ceprojeteut un début d'éxecution ; on prépara même (en février] une proclamation aux habitants de la Prusse méridionale, une instruction pour Radziwill et Poniatowski, sur lequel oncomptaitencore, puis de pleins pouvoirs pour chacun de cesprinces. Radziwill croyaitque la « partie sainede la Prusse méridionale a été étrangère à ces erreurs » de la révolution, il voulait donc créer une contre-révolution armée en Pologne, et c'est pour donner le change que l'on devait mettre le nom de la Pologne en évidence. Le Roi devait prendre le titre de roi de la Grande-Pologne, qui serait constituée par toutes les provinces polonaises soumises à son sceptre, mais qui resterait incorporée à perpétuité et héréditairement à la monarchie prussienne sans faire corps à part, sans avoir une constitution distincte. On devait proclamer l'amnistie, l'admission des Polonais aux emplois civils, la nomination des grands officiers de la couronne exclusivement parmi la noblesse du pays, l'assistance aux victimes de la révolution, la formation d'un corps auxiliaire avec Poniatowski pour

1 Ce plan, est peut être le projet publié par les Ti^oris d'Hercule, [l, 1, 6o-8;, le 24 octobre ISOG, comme unique moyen de sauver la Prusse.

•2. Uanke, llardeubcrfj, III, 200 ; V, 391-3; Schottmùller, 4-1 : Askenazy, Poniatowski, 9C-7. Lubienski, Divers souvenirs, Rozne wspomnienia moje (Mss. de la bibl. de Krasinski, n" 3.580, p. 265).

chef. Radziwill devait être le chef du gouvernement avec de Klewitz pour ladmlnistration et de Braunschweig pour la justice*. On prépara même ces papiers qui restèrent à la chancellerie et ne furent jamais envoyés.

Au commencement de décembre, le parli prussien n'existait plus. Quelques seigneurs seulement furent encore en rapport avec Radziwill qui représentait plutôt l'intérêt des Hohenzollern en Pologne que ceux de la Pologne auprès de la cour.

Il en était tout autrement du parti russe; ce parti fondait ses espérances sur l'empereur Alexandre, ses dispositions et ses anciens projets, et la situation relativement douce faite aux Polonais sous le gouvernement russe. Il avait à sa tête un des personnages les plus en vue en Russie, un ami personnel du tsar, un membre du conseil privé, le prince Czartoryski. Ce prince représentait les intérêts d'une partie de la société polonaise auprès du tsar, et défendait en même temps les intérêts d'Alexandre devant ses amis et devant l'Europe : il devait donc nécessairement unir dans ses plans l'intérêt de la Pologne et de la Russie, deuxcourants qu'il voulait voir réunis sous le sceptre de l'Empereur. La guerre de 1806 l'amenait à formuler ses vœux bien avant le manifeste du :27 novenjbre, dans lequel le tsar devait s'adresser surtout aux « goubernies frontières», qui s'empresseront de ^' nous donner de nouvelles preuves de leur attachement » et ne se laisseront « ébranler ni ^ar la crainte, ni par des illusions frivoles^ », longtemps avant la lettre circulaire de l'archevêque Siestrzencewicz Je 23 janv. 1807, qui mettrait en garde ses fidèles contre la « conscience parjure » de Bonaparte et rappellera le sort des Polonais à Saint-Domingue ■'. Il devait agir avec sa double

1 . SchottmûUer, o6 *-58. ^ 102-1 lo. Askenazy. Ponza^owsA-î, 114-1 16, 210-3.

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