Hembowski, Sources documentaires, p. LVI
régulières qui pourront être levées dans le département de Varsovie, il en accepte le commandement et se charge de les organiser. Le 7 décembre il reprend ses fondions et invite tous les anciens officiers de suivre son exemple en s'adressant « à vous mes chers collègues et anciens compagnons d'armes, en vous assurant que mon plus grand bonheur est celui de vous commander. Les principes de l'honneur vous ont toujours été sacrés », dit-il : h aujourd'hui vous répondrez dignement à l'appel de la patrie et à la confiance d'un invincible monarque : fiez- vous à son grand caractère ^ ».
« En se décidant », écrivait Murât le 9 décembre : « il a ajouté devant les principaux magnats de Pologne : u Prince. ^ vous devez plus compter sur ceux qui, comme nous, se > décident après avoir mûrement réfléchi que sur quel- ( ques enthousiastes gui n'ont 7'icn à perdre et que la moindre ( apparence de danger ferait cacher ou fuir. Nous comptons ^ sur la magnanimité de l'Empereur: il est impossible qu'il ( veuille nous pousser ainsi en avant, s'il n'avait pas le projet < de ne pas nous abandonner. Dans tous les cas nous sommes ( déjà ses sujets et la France deviendra notre patrie ». Sire, la détermination de ce prince et celle des autres magnats produira un grand effet, car je ne dois pas le dissimuler à Y. M.. presque tous les grands avaient les yeux fixés sur lui et attendaient le parti qu'il prendrait pour se décider eux-mêmes * ». Ce parti pris, toute hésitation devait disparaître. Le moment était décisif : la Pologne prussienne tout entière se disait liée à la France, le dernier foyer d'irrésolution étant éteint. La Pologne prussienne tout entière était doublement conquise par Napoléon : non seulement parce qu'elle était occupée par ses armées, mais aussi parce qu'elle embrassait spontanément sa cause. Elle était subjuguée non seulement par la force des armées, mais aussi par l'effet moral. C'était le résultat de la situation où se trouvaient les Polonais sous le sceptre prussien, d'une nécessité morale qui les poussait à s'allier à tous les vrais ennemis de leurs oppresseurs, mais [aussi des victoires de l'Empereur et de sa politique.