‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 60 sur 182 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Son plan de Berlin ayanl échoue. Napoléon se voyait dans" la nécessité de poursuivre la aruerre : il avait donc besoin d'alliés, de nouvelles forces, de virres pour ses hommes et -es chevaux. C'est la Pologne qui devait être le théâtre de la prochaine guerre, le lieu d'une rencontre décisive entre ses armées et celles de la Russie et de la Prusse. C'est elle qui devait lui fournir les provisions, supporter tous les malheurs d'une guerre et lui servir de quartier général. C'est elle enfin qui pouvait être son unique alliée. Il fallait donc l'attacher à sa cause : c'était la tâche qu'il allait résoudre facilement.

En quittant Berlin, et même en Pologne, il n'avait point de plan arrêté au sujet du sort futur de cette alliée : il faut du moins le supposer ainsi. Il n'y voyait pour le moment qu'un appui ; quant à l'avenir son sort lui était indifférent. Ce qu'on ne peut nier cependant, c'est qu'il n'a jamais rien promis aux Polonais et qu'il les a plutôt excités à déployer toutes leurs forces et à se fier à eux-mêmes.

A Posen, Napoléon menaçant les plénipotentiaires prussiens qui s'en allaient, disait que tout le fardeau de la guerre

devait retomber sur la Prusse. « Si les Russes sont battus, il n'y aura plus de roi de Prusse, comme le Roi ne sépare pas sa cause de celle de la Russie K » Cette menace était d'autant plus sérieuse qu'en réalité la Prusse ne possédait plus qu'un corps de 13 000 hommes, qu'elle était redevenue un tronçon d'un Etat et réduite à peine à la Prusse orientale, et que ses forces fondaient de jour en jour par suite de la désertion -. Après avoir reçu la réponse de la Prusse, Napoléon semble incliner vers les projets de Mongaillard: paraît vouloir détrôner les Hohenzollern.

On prépare ('peut-être le 9 décembre) ^ le projet d'un décret qui devail décider du sort de la Prusse. Dans ce projet Napoléon écrit : « Les événements nous ont fait vivement sentir de quelle indispensable nécessité il est pour l'Europe qu'entre le Rhin et la Yistule il existe une puissance inséparablement unie d'intérêts avec l'Bimpire Ottoman, qui fasse constamment cause commune aveclui et contribue dans le Nord àla défense pendant que la France iral'embrasserau sein même des provinces ottomanes*. ^> Il méditait le plan de rejeter la Prusse hors d'Allemagne, d'en faire tout au plus un petit Etat du littoral % d'élever à sa place un autre Etat qui, lié à la Pologne, serait un allié fidèle de la France. Etait-ce le royaume de Westphalie ou une formation de ce genre qu'il pensait créer et unir avec les provinces polonaises, était-ce la Saxe avec larquelle il ne cessait pas d'entretenir les meilleurs rapports, en la ménageant toujours et avec laquelle il allait conclure quelques jours plus tard une alliance solennelle? Ce qu'il y a de certain c'est que la Pologne occupait sa pensée, il méditaitsur son avenir, peut-être d'une manière très générale encore, mais il est impossible de ne pas apercevoir même dans ce plan le germe d'une création, plus tard réalisée.

Ce plan-là, le besoin d'éveiller la sympathie pour son

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