AUonville, V, 163 mémoire de Dumoiiriez
Ce qui ne pouvait élre cependant douteux pour personne, c'est qu'il fallait continuer la guerre avec l'armée russe elles débris de l'armée prussienne, qu'il fallait le faire en Pologne, que celle-ci devait être une base pour l'action militaire. Il fallait donc lui donner sans perdre de temps une administration, en tirer des armées et des subsistances; il fallait pour ainsi dire achever la révolution et, après avoir détruit le Gouvernement prussien, y créer un nouveau gouvernement, sinon polonais, du moins composé de Polonais. C'est surtout dans ce but que Napoléon, prévoyant d'avance la marche des événements appellait Dombrowski, qui se trouvait à Chiéti. Ce vaillant chef illustré par sa campagne dans la Grande Pologne en 179i, vieilli dans les combats pour sa patrie, était un des meilleurs administrateurs militaires. Napoléon le savait, il l'avait vu à l'œuvre en Italie, où le général polonais faisait sortir ses légions de dessous terre. Soldat discipliné, attentif aux recommandations de son chef et loyal exécuteur de ses ordres, attaché à Napoléon, il était, après Kosciuszko, le héros le plus vénéré en Pologne. Son nom, sa présence suflisaient pour mettre les esprits en ébullition*. u II est fort aimé » et «jouit de la contiance générale- » en Posnanie; il inspire même la crainte dans son pays. Dès son arrivée tout le monde lui fait des offres de service, une centaine déjeunes gens se sont joints à lui. Il se met de suite à l'œuvre, s'étant muni d'avance de l'autorisation non seulement de l'Empereur, mais aussi de celle de Davout, qui devait passer pour chef du pays occupé, pour remplacer les autorités prussiennes par des Polonaise Le 7 novembre il fait publier une proclamation pour maintenir l'ordre; protéger les fonctionnaires
1. Corresp. de Davout; I, 331, n- 221: Jackson, II, 49 ; Scliladen, 3y.
2. Corresp. de Davout, I, 325, n'' 216: 345, n° 228 « est plein de bonne volonté, mais il a peu de tête et de mémoire, il ne suit rien •».