ZV bulletin
o. Corresp. de Sap. XIV, 50. n'^ 11.399 ,^6 déc. 1806).
suffisent complètement pour remonter les esprits. Mais ses intentions doivent être toujours verbalement communiquées et bien souvent en secret.
Et lorsqu'il rencontre des hésitants, il est mécontent, comme nous l'avons vu. Il veut que l'on se fie à lui sans rien demander, les mains liées pour la mort et pour la vie, il ordonne de h mettre des patriotes en place, des hommes qui veuillent se mettre en avant » et ne point calculer l'avenir de leur patrie. Mais ce qu'il veut avant tout, c'est que les grandes familles se rapprochent de sa personne et qu'elles viennent le servir, il les connaît comme le dernier soutien de ses ennemis. C'est dans ce but qu'il en parle dans ses lettres à Gambacérès, qu'il explique sa pensée àWybicki, qu'il ménage Poniatowski et l'attire vers lui. Le prince reprend le rang qu'il avait dans les armées polonaises, sur un ordre formel de Murât, qui ne faisait, dans ce cas, que suivre les intentions de l'Empereur ^ Il parvint à son but denivrer complètement les Polonais, qui ne répondaient que par « des grands mots et des adorations sur l'Empereur- », dans toutes les circonstances.
Napoléon obtint ce résultat sans s'engager positivement, sans se prononcer formellement pour la Pologne. Indécis sur le sort de ce pays, avec des idées très vagues sur ce sujet, ne sachant pas trop ce qu'il fera demain, toujours esclave des circonstances, il est prêt à abandonner les Polonais et même à conclure la paix avec la Prusse, si cette paix lui peut procurer une paix générale avec la Russie. Son armée \ ses ennemis'-, la Pologne, tout est persuadé qu'on va « continuer la guerre pour enlever à la Russie la partie de la Pologne qui lui était échue *> et proclamer un roi de Pologne ' au printemps prochain », sinon le l^^i' janvier 1807.