Lettres de Talleyrand, 43.j, ii
4. Corresp. de Nap., XV, 38, iv 12.301: Lettres de Talleyrand, 363, n" 261.
L'ATTENTE. lil
propres à exciter Tespéraiice et à hâter les armements et la générosité des donateurs'. Grâce à de pareils procédés, Talleyrand avait gagné sa cause, il avait conquis la confiance du Gouvernement, celle des radicaux lui appartenait depuis longtemps. Il était donc maître de l'opinion publique à Varsovie et pouvait la diriger à son gré.
Le rôle politique de Talleyrand à Varsovie ne se bornait pas à surveiller la Pologne. 11 se trouvait placé au centre même d'une haute politique qu'il continuait à diriger sous le contrôle incessant de l'Empereur. Resté à Varsovie, toujours en face du général Vincent, il nouait des intrigues avec l'Autriche et contre l'Autriche. Il attirait cette puissance vers la France et il la surveillait en même temps; cela était d'autant plus nécessaire que, même à Varsovie, les Autrichiens employaient leur séjour à appuyer les intrigues prussiennes, qu'ils ne reconnaissaient pas le Gouvernement provisoire, ^ et persécutaient leurs sujets Polonaise II fallait donc, « sans blesser les droits de personne », sans inquiéter surtout un voisin dangereux, u rompre toutes les communications qui paraissent contraires au bon ordre '^ ».
La Russie était un autre sujet de préoccupations pour l'Empereur et son ministre. En poursuivant ses préparatifs pour une rencontre décisive, Napoléon voulait l'entourer d'ennemis. Il excitait la Turquie et la Perse, il parvint môme à provoquer un réveil d'énergie nationale à Gonstantinople. Il était impossible qu'il ne méditât pas une intervention dans les affaires intérieures de la Russie. Toutes ces mesures devaient non seulement affaiblir son adversaire, mais aussi le terrifier.