‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 96 sur 182 · Loret, 135; Kozniian, 212-213; Putocka · texte numérisé non relu

Loret, 135; Kozniian, 212-213; Putocka

serfs, on les déclarait égaux devant la loi dans l'organisation des tribunaux de paixj^

L'antagonisme entre les radicaux et les modérés datait de longtemps. Les modérés étaient les gens de la réforme de 1791, devenus plus avancés sous l'inlluence des événements, les radicaux étaient ceux de la Révolution de 1794, apaisés par la forte main de Napoléon. Les premiers étaient les gens du gouvernement, représentants de la tradition, les autres, ceux de l'opposition qui rêvaient pour la Pologne une nouvelle destinée, mais qui aspiraient au pouvoir.

Talleyrand mis à Varsovie en présence de ces deux partis, profita de leur antagonisme et, selon lapolitiquede Napoléon, il employa les radicaux contre les modérés, se servit d'eux en guise de contre-poids, mais s'appuya en fin de compte sur les modérés ^ « En me tenant indépendant de toute espèce de partis, ce qui est assez difficile ici, où c'est cet esprit qui domine w, écrivait-il le 13 avril à Napoléon, « je vois des gens de tous les partis et je suis suffisamment bien avec eux... J'excite, je soutiens [et je ranime, autant que je puis. Je n'ai pas aimé l'importance que le prince Sapiéha a mis à la mission dont il était chargé et surtout l'importance qu'il a voulu se donner à lui-même. Les expressions: j'ai fait faiie, je ferai donner, je ferai ôter, ne valent rien dans une ville de partis où toute la journée je vais au-devant de tous les amours-propres ^ » Talleyrand était un maître incomparable dans ces petits actes qui devaient lui attirer une complète confiance de tous les partis à la fois. Il arrangeait donc de petits comités et suivait en cela les dispositions de Napoléon; il persuadait qu'il faut lever des troupes, s'armer et battre l'ennemi, qu'après tout s'arrangerait, mais que toute déclaration qui démasquerait de trop bonne heure les projets ne saurait être d'aucun avantage \ Puis par Batowski, il faisait courir sous le sceau du secret toutes les nouvelles qu'il croyait

1. Gazela poznanska. 1807, 20, V, n^ iO : Minerva, 1807, t. IV, 119-12.J. Orabski, Przegl. polsJci, vol. 1j3. p. .j07.

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