‹ Napoléon et la Suisse, 1803-1815Chapitre 16 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

naux et le malaise passager du blocus pour n’enregislrer que les grands résultats. — Mais l’impôt du sang payé par les régiments capitulaires? — Il n’a été que le prix d’une glorieuse tradition.

Condamnée par sa neutralité à ignorer la guerre, c’est dans le service étranger que la Suisse trouvait l’emploi de ses qualités militaires. Ces qualités sommeillaient dans la longue paix qui suivit en Europe la guerre de Sept ans. La courte lutte de 1798 les réveilla. Les guerres impériales les remirent dans tout leur jour. A la paisible histoire intérieure assurée par la médiation, les régiments sortis de la capitulation de 1803 ajoutèrent des pages brillantes. Les Suisses qui se dévouèrent sur les bords de la Bérézina pour sauver l’armée étaient dignes de ceux qui défendirent la vieille monarchie en 1792. C’est ainsi, et par les régiments capitulaires, que s’est renouée, poursuivie, illustrée la tradition nationale.

La période de 1798 à 1815, où quelques historiens du pays affectent de voir de la tristesse et de l’effacement, n’a été qu’une période de transformation où il ne faut méconnaître ni la part de la France ni l’effort de la Confédération. Car si la main puissante de Bonaparte a fondé un édifice nouveau, il serait injuste d’oublier ceux qui, comme les La Harpe, les Monod, les Rengger, les Stapfer et bien d’autres, ont lutté pour plus de justice, plus d’égalité, plus de liberté.

Avec le génie d’un grand despote, c’est le dévouement des bons citoyens qui a contribué à faire du

pays de nos voisins, dans le cadre formé par la nature, ce pays d’hommes patients et sages, au caractère droit, aux vertus solides, dont la liberté et le patriotisme peuvent servir d’exemple à tous les autres.

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