CHAPITRE XY
T. Campagne de 1814. — Situation de l’Empire au commencement de 1814. — Capitulation des forteresses occupées en Allemagne par des garnisons françaises. — Perte de l’Espagne, de la Hollande et d’une partie de l’Italie. — Invasion des armées coalisées. — Arrivée de Napoléon à Châlons. — Larrey, chirurgien en chef de l’armée. — Bataille de Brienne. — Les ambulances. — Mort du contreamiral Baste et du général Decouz — Blessures de Berthier et de Lefebvre- Desnouettes. — Bataille de La Bothière. — Larrey et l’évacuation des blessés. — Batailles de Champaubert, de Montmirail, de Yauchamps, de Montereau. — Bécit de la journée de Montereau par Larrey. — Lettre de Larrey à sa fille Isaure. — Les blessés de la bataille. — IL Évacuation de Troyes par l’armée autrichienne. — Capitulation de Soissons. — Bataille de Craonne. — Les tués et les blessés de la journée. — Les généraux blessés. — Blessure du maréchal Victor, des généraux Grouchy et de Sparre. — Réclamation des généraux à l’Empereur au sujet de Larrey. — L’ambulance de Larrey dans la ferme de lieurtebise. — Défense de l’ambulance contre les cosaques. — Bataille de Laon. — Hourra d’Athis. — Responsabilité de Marmont. — Les blessés d’Athis et de Laon. — Bataille d’Arcis- sur- Aube. — Les blessés. — Danger couru par Larrey sur le pont d’Arcis. — L’Empereur et l’armée à Saint-Dizier. — Marche des Alliés sur Paris. — Écrasement du corps de Marmont et de Morlier à La Fère-Champenoise. — Capitulation de Paris. — Défection de Marmont à Essonnes. — Abdication de Fontainebleau. — Abandon de Napoléon par la plupart de ses serviteurs. — Fidélité de Larrey.
Cependant le moment approchait où Napoléon allait manquer de cette chair française que depuis vingt ans il menait glorieuse et inlassable à sa propre destruction. Ce n’est pas elle qui se refusa à la continuation du sacrifice. Tant qu’elle aurait eu un lambeau vivant, elle l’aurait donné. C’est la matière même qui fit défaut.
Le commencement de l’année 1814 s’annonçait en effet très mal. En ramenant sur le Rhin les débris de la Grande Armée, Napoléon avait laissé dans les garnisons de la Vistule, de l’Oder et de l’Elbe, cent soixante -dix mille hommes