‹ Napoléon et LarreyChapitre 47 sur 319 · LARREY ET LES PRISONNIERS ANGLAIS · texte numérisé non relu

LARREY ET LES PRISONNIERS ANGLAIS

faire sortir les prisonniers de la citadelle et de les renvoyer1. Larrey fut récompensé de son humanité. Il pria un des officiers rentrant en Angleterre de donner de ses nouvelles à sa femme et de se charger d’une somme d’argent qu’il désirait lui faire parvenir. L’Anglais tint sa parole, et la commission fut scrupuleusement accomplie.

1 Voici l’ordre par lequel Bonaparte ordonnait leur mise en liberté :

« Vous ferez sortir un parlementaire pour prévenir le commandant anglais que plusieurs avisos de sa nation ont à différentes époques échoué sur la côte, que nous avons saisi les équipages, qu’ils sont en ce moment au Caire, où ils sont

traités avec tous les égards possibles; que, ne les regardant pas comme des pri¬

sonniers de guerre, je les lui enverrai incessamment. »

( Correspondance de Napoléon. Lettre de Bonaparte à Marmont, 17 pluviôse.)

On notera dans cette lettre l’habileté de langage, — pour ne pas dire la duplicité, — de Bonaparte. Il dit que les Anglais ne sont pas regardés par lui comme prisonniers de guerre. Oui, au moment où il écrit, mais ils l’étaient auparavant, et il a fallu l’intervention de Larrey pour les rendre à la liberté.

Mettons, en effet, en regard la fiche de Larrey : « Larrey obtint du général

en chef Bonaparte, et contre la volonté du général gouverneur de la citadelle du Caire, le renvoi en Angleterre de l’équipage et de l’état-major d’une frégate anglaise qui avait échoué sur la côte d’Alexandrie et que Dupas faisait languir dans les souterrains de la citadelle. Je regrette d’avoir oublié le nom du capitaine de ce vaisseau , qui me rendit l’important service de porter à ma femme quelques secours pécuniaires que je lui remis sans en vouloir de reçu.

k La somme fut exactement rendue à Mme Larrey peu de jours après l’arrivée de ces Anglais à Londres. »

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