Napoléon et les femmes
Je sojJais des Italiens et me promenais à grands pas sur les allées du Palais-Royal. Mon âme, agitée par les sentiments rigoureux qui la caractérisent, me faisait supporter le froid acec indifférence; mais, l’imagination refroidie, je sentis les ardeurs de la saison et gagncd les galeries. .J’étcds sur le seuil de ces portes de fer quand mes regards errèrent sur une personne du sexe. L’heure, sa taille, sa grande jeunesse ne me firent pas douter qu’elle ne fût une file. Je la regardais. Elle s’arrêta, non pas avec cet air grenadier, mais un air convenant parfaitement à
Vallure de sa personne. Ce rapport nie frappa. Sa timidité m’encouragea et je lui paidai... Je lui parlai, moi qui, pénétré plus que personne de l’odieux de son état, me crois toujours souillé par un seul regard ! ... Mais son teint pâle, son physique faible, son organe doux ne me mirent pas un moment en suspens. Ou c’est, me dis-je, une personne qui me sera utile à V observation que je veux faire, ou elle n’est qu’une bûche.
(( Vous aurez bien froid, lui dis-je : comment pouvez-vous vous résoudre à passer dans les allées ?
— Ah! Monsieur, l’espoir m’anime. Il faut terminer ma soirée. »
L’indifjérence avec laquelle elle prononça ces mots, le systématique de cette réponse me gagna, et je passai avec elle.
(( Vous avez l’air d’une constitution bien faible, je suis étonné que vous ne soyez pas fatiguée du métier.
— Ah ! dame. Monsieur , il faut bien faire quelque chose.
— Cela peut être, mais n’y a-t-il pas de métier plus propre ci votre santé?
— Non, Monsieur : il faut vivre. »
Je fus enchanté. Je vis qu’elle me répondait au moins, succès qui n’avait pas couronné toutes les tentatives que j’avais faites.
(( Il faut que vous soyez de quelques pays septentrionaux, car vous bravez le froid.
Première page du manuscrit de son