DE LA VINGT-CINQUIÈME ÉDITION
En cette édition, la vingt-cinquième de ce volume sous ce format, de faitla trente-cinquième, j'ai ajouté seulement au texte primitif, qui ne saurait être indéfiniment remanié, quelques notes confirmatives trouvées dans des documents inédits au cours des recherches que je poursuis, ou fournies par de récentes publications de témoignages. Si j'avais dû en insérer de contradictoires, je l'eusse fait; mais en un livre dont, à coup sûr, le sujet était délicat, pour qui les documents étaient singuhèrement difficiles à rassembler, et où les erreurs préjudiciables à des tiers n'eussent pas manqué d'être relevées, j'ai eu seulement jusqu'ici de simples additions de détail à piquer au bas des pages, en quelque façon pour ma satisfaction personnelle. Je ne crois pas qu'on ait relevé une inexactitude : la seule qui me soit apparue et à laquelle pourtant je ne saurais porter remède, m'a été, dès le début, fournie par des fragments de mémoires provenant de la source la plus authentique. Il n'est pas douteux qu'un détail important s'y trouve en désaccord avec des faits constatables et acquis, mais
n AVANT-PROPOS
j'ai eu soin d'indiquer comment j'avais obtenu ces renseignements et j'ai laissé entendre que je n'avais fait que les reproduire presque tels qu'ils m'ont été fournis. Ce n'a pas été toutefois sans en avoir contrôlé presque à chaque ligne l'exactitude, et si, sur un point, ils m'ont égaré, je m'en étonne et croirais plus à une confusion qu'à une erreur volontaire. Pas plus que dans les éditions précédentes, je n'ai remanié les chapitres où mes études, continuées depuis douze ans, m'ont permis de constater l'incomplet de certains jugements. Gela m'eût conduit trop loin et m'eût détourné de mon objectif sans apporter aucune notion nouvelle sur Napoléon amoureux. Sur la formation morale de Joséphine, sur le caractère qu'elle avait déployé avant d'épouser le général Bonaparte, sur le rôle qu'elle a joué durant le Consulat, sur la vie qu'elle a~menée comme impératrice, sur le sort qui lui fat fait après le Divorce, je crois m'être expliqué suffisamment; comme aussi sur ce qui regarde Marie-Louise. J'ai pu, en des cas, corriger des inexactitudes de faits, mais je n'ai pas varié dans l'appréciation des sentiments que l'une et l'autre ont inspirés à Napoléon, et c'est pourquoi il convenait qu'en sa trame et son texte, ce livre, très souvent plagié et plus souvent contrefait, restât tel qu'il a été écrit en sincérité et en indépendance.
Frédéric Masson
Juin 1904.