PAR AE
ep.
- montré plus brillant encore ; c'élait Drouot, le futur grand chef
de l'artillerie des armées impériales, d’une si haute valeur morale, que Napoléon devait bapliser « le sage de la grande armée » el qui, après avoir accompagné son Empereur à l'ile d'Elbe et en être revenu avec lui, lui res!'a toujours si obstinément fidèle.
Laplace, né le 23 mars 1749 à Beaumont- en-Auge, dans l'actuel département du Calvados, était le fils d'un simple cultivateur. Après de brillantes études qu'il fit, pour la plus grande part, comme boursier au collège de Caen, il vint de bonne heure à Paris où son exceptionnel mérite, reconnu dès ses débuts par d’Alembert, lui valut une rapide ascension dans la hiérachie scientifique. Admis en 1773, alors qu'il était à peine âgé de 24 ans, comme adjoint à l’Académie des sciences, dont les cadres différaient de ceux de l’Académie d’aujourd'hui, il en devint membre associé en 1783, et pensionnaire — ce qui constituait alors l'échelon le plus élevé — en 1785. Il fit, bien entendu, partie de l'Institut de France dès sa fondation en 1795, et devint en 1816 membre de l’Académie française. Les deux principaux titres de gloire de Laplace consistent à avoir fondé définitivement, d'une part, la mécanique céleste qui régit tous les mouvements des astres gravitant dans notre univers solaire, et, d'autre part, le calcul des probabilités dont le premier embryon a été dû, dès le XVI: siècle, à nos deux grands compatriotes Blaise Pascal et Pierre Fermat, et dont nous voyons l'importance croître de jour en jour depuis qu'est apparu le rôle de premier ordre joué par cette discipline spéciale dans l’explication des lois du monde physique. .
C'est d’ailleurs Laplace qui, le premier, est parvenu à créer, à titre d'une sorte de corollaire de sa mécanique céleste, une méthode sûre de prévision des marées. Rappelons aussi qu'il fut un des premiers organisateurs de notre Ecole plis Rempli d'une légitime admiration pour le génie de Laplace,
Bonaparte, au lendemain du 18 Brumaire, tenta, en vue de se
l'attacher plus étroitement, d'en faire son ministre de l'Intérieur. Mais, doué d’un véritable génie pour les plus hautes spéculations de la science, Laplace ne possédait pas les aptitudes requises pour les besognes plus modestes de l’adminisiration, et le Premier Consul ne TA pas à renoncer à la collaboration 4 son ancien
maître qui, dans l’examen des affaires, se perdait dans les
minulies, y apportant, selon le mot même de Napoléon, « l’esprit des infiniment petits ». Cela n’a rien qui puisse surprendre
Re Non
quiconque a pu se rendre compte des étroites exigences du Jabeur que poursuivent les purs mathématiciens. Il faut distinguer en effet, entre les qualités que confère à l'esprit une solide éducation mathématique et la tournure que peut lui faire prendre le culte exclusif de la science des nombres et des formes géométriques.
Tant s'en faut d’ailleurs que la petite déconvenue ainsi éprouvée par le Premier Consul ait porté alteinte aux sentiments de profonde admiration qu'il professait pour Laplace. Par la suite, l'Empereur devait le combler d’honneurs, le faisant successivement sénateur, comte et grand-officier de la Légion d'honneur.
Laplace, hélas, à l'exemple de tant et tant de ceux qui avaient été l'objet des faveurs impériales, ne sut pas conserver sa fidélité à celui qui l'avait si généreusement traité; rallié au gouvernement de la Restauration, il devint, sous cet autre régime, pair de France, marquis et grand'eroix de la Légion d’honneur. Jusqu'à sa mort survenue le 5 mars 1827, il se montra un des plus fermes soutiens de la monarchie des Bourbons.
Avec Laplace, la plus haute illustration mathématique francaise de Ja fin du XVIII siècle et du début du XIX° se rencontre chez Lagrange. De vieille souche française, Louis de Lagrange est né à Turin le 25 janvier 1736. Après de très brillantes études litléraires, ce n’est qu’à l’âge de 16 ans qu'il s'engagea dans la voie des sciences mathématiques, mais pour y avancer à pas de géant. Dès ses premières publications, il s’affirma comme un maître. Après avoir, de 1766 à 1787, résidé à Berlin, où, sur le conseil de d’Alembert, Frédéric Il l'avait appelé à présider l'Académie des sciences, il vint se fixer à Paris où son atavisme ne fut pas long à réveiller pleinement son tempérament essentiellement français.
D'abord, admis à notre Académie des sciences, à titre d’associé étranger, en 1772, il en devint membre pensionnaire, après avoir repris la nationalité française, en 1787. Comme Laplace, il appartint à la première fournée des membres de linstitut en 1793, et, lors de la création de l'École Polytechnique, fut le premier titulaire de la chaire d'analyse.
Pour sa mécanique analytique, il peut être regardé comme le