‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 63 sur 141 · LOUIS A PARIS · texte numérisé non relu

LOUIS A PARIS

(1er décembre 1809. - 6 avril 1810.)

Au même moment où, à l'une des extrémités de l'Europe, ces événements s'accomplissent et où, pour ne point obéir aux ordres de l'Empereur, un de ses frères s'exile ainsi volontairement; à l'autre extrémité, un autre de ses frères, roi celui-là, est contraint d'abdiquer sa couronne et se soustrait par la fuite à la domination impériale. Avec des circonstances différentes, qui tiennent au caractère de Louis et à sa position particulière vis-à-vis de Napoléon, le fond de la querelle présente des analogies d'autant plus curieuses que toute idée d'un concert entre Louis et Lucien doit être écartée : elles résultent uniquement de l'exercice par l'Empereur de procédés semblables. Toutefois, en l'un des cas, il a affaire à un homme qui est habitué d'enfance à voir chacun de sa famille céder à son prestige, dans l'autre, à un malade qui n'a jamais su lui résister en face. De là, dans l'affaire de Lucien, des lignes qui seraient parfaitement nettes sans les cachotteries et les ingérences de Fesch et de Madame; et, dans l'affaire de Louis, des confusions

continuelles, des dessous à l'infini, une duplicité qui surprend, l'obligation de débrouiller un écheveau à ce point emmêlé qu'on ne saurait, pour suivre le fil, apporter trop d'exactitude et d'attention.

On a vu dans quelles circonstances Louis est arrivé à Paris le 1er décembre 1809 ^ Avant de se déterminer au départ, il a délibéré avec ses ministres : « Deux partis se présentaient, a-t-il écrit plus tard, ou jouer en désespéré et travailler à la défense légitime de la Hollande contre la puissance qui avait fait trembler l'Autriche, la Russie et l'Angleterre, presque détruit la Prusse en un jour, et cela sans espoir de succès; ou tâcher de prolonger une existence pénible en se pliant encore à la nécessité. Il a écrit ailleurs : « Il fallait s'allier à l'Angleterre et jouer en désespéré pour que l'existence de la Hollande se terminât glorieusement, ou bien il fallait se résigner atout ce qui pourrait arriver et gagner du temps. » C'est le second parti qu'il a adopté, soit que la faiblesse de son caractère l'ait fait reculer devant une résolution énergique, soit qu'il n'eût pas pris à temps ses précautions avec l'Angleterre et que les négociations qu'on peut croire qu'il a tenté d'entamer, n'eussent point encore donné de résultats.

Toutefois, avant de quitter Amsterdam, il prétend se

1 Voir Napoléon et sa famille, IV, 355 et 495.

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