‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 94 sur 141 · LES GENS DE LETTRES · texte numérisé non relu

LES GENS DE LETTRES

fine, rarement chez Jérôme. C'est avec Madame, Fesch et Pauline qu'il se plaît ; quelquefois avec Julie. Il donne chez Madame des concerts de musique religieuse que dirige Plantade, son maître de Chapelle, mais où il choisit chaque morceau. Dans cet intérieur de l'hôtel de Brienne, il voit beaucoup de prêtres et, par eux, Ton peut croire qu'il s'établit en une sorte de correspondance avec le Pape ; au moins lui fait-il témoigner ses sentiments de filiale vénération. Peutêtre, dès lors, ainsi qu'il a dit, pose-t-il les premiers jalons de la demande en annulation de mariage qu'il présentera par la suite. Il est bien plus éveillé qu'on ne pourrait penser sur tout ce qui touche à la politique générale et aux intérêts de la Famille : ainsi prend-il sa part dans les démêlés de l'Empereur avec Lucien et donne-t-il des consultations où il invite Lucien à céder et lui en prouve la nécessité : c'est le moment où, pour sa part, il lutte le plus désespérément : l'on croirait à une contradiction de plus, mais c'est que, dès qu'il n'est plus personnellement enjeu, dès qu'il ne s'agit plus de lui-même, ni d'Hortense, ni de la Hollande, son jugement est sain, ses conseils sont avisés, il n'est plus le même homme. Le cas n'est pas rare et voilà longtemps que les aliénistes l'ont reconnu.

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