JOSEPH. — IMIOJET DU DUC DR BASSANO VJ
en traitant avec Ferdinand, TEmpereur n'aurait tenu compte ni de la « Majesté » des Cortès de Cadix, érigés en gouvernement absolu, ni de « l'Altesse » do la Régence devenue leur instrument servile, mais l'idée de négocier avec de telles assemblées n'entrait pas dans son esprit. Il conclurait avec Ferdinand et tout serait dit.
Tel était le parti (|ue lui proposait le duc de Bassano ; mais, outre qu'il se résignait difficilement à avouer Téchec de sa polititiue en Espagne, et (ju'il se sentait singulièrement faible vis-à-vis les colères de Josepli, « il ne pouvait, a-t-il dit lui-même, se résoudre à renoncer aux grands résultats qu'il avait droit d'attendre de ses innnenses sacrifices depuis 1809 ».
Raisons bonnes à montrer de Sainte-Hélène. Il en était une meilleure que Napoléon n'a point dite alors et qu'il n'a pu dire : la raison dynastique. Dès qu'il pensait à déférer la Régence à l'Impératrice, en vue de se concilier l'Autriclie et, dans le cas oii il disparaîtrait, à assurer à son fils la médiation de l'empereur Fi'anrois, il ne pouvait rappeler en France le roi d'Espagne découronné qui s'empresserait alors de réclamer ses prérogatives de prince français. Si Josepli ne devenait pas régent de plein droit, il ne pouvait être écarté sans un scandale. Il était « le prince le plus proclie en degré dans l'ordre de lliérédité » ; il n'avait point démérité et il était titulaire de la première des grandes dignités de l'Empire : il réunissait donc toutes les conditions prévues par l'article XIX du Sénatus-Consulte organique.
Pour justifier d'une façon au moins apparente, l'abrogation du I 2 de l'article XYIII qui excluait les femmes de la Régence, l'Empereur n'avait d'autre argument que l'absence des princes français susceptibles d'exercer la Régence et l'option par eux de trônes étrang'ers.
S'il passait outre, s'il réformait l'article XVIII de la Constitution tout en rappelant Joseph, il pouvait l'écarter de la Régence, mais non pas du Conseil de Régence « composé des titulaires des grandes dignités de l'Empire ». Il avait à craindre dès lors, et il craignait en effet, des intrigues et une opposition qui eussent rendu impossible l'exercice du gouvernement par l'Impératrice et qui eussent renversé tojLites les combinaisons qu'il avait échafaudées dans l'éventualité de sa mort.
Pour écarter Joseph, à la fois de la Régence et du Conseil de Régence, un seul parti restait à prendre : Le maintenir coûte que coûte en Espagne. De la reconquérir pour lui ou de lui donner les moyens de la reconquérir, il n'y avait pas à y penser. Tout manquait, les hommes et l'argent. Si peu d'argent qu'on envoyât, c'était trop quand la France avait besoin de toutes ses ressources, et, en y laissant seulement les hommes qui y étaient, on privait la nation des éléments les meilleurs dont elle pût se servir pour constituer et encadrer une armée nouvelle, à présent que la Grande Armée de Russie avait disparu. On ne pouvait attendre en Espagne aucun résultat favo-