‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 20 sur 104 · JOSEPH. — INSTRUCTIONS POUR · texte numérisé non relu

JOSEPH. — INSTRUCTIONS POUR

pagne, devenu l'ailjilre de la siliiation et rendu plus puissant qu'il n'a jamais été.

En ellet, Napoléon, dès qu'il s'est arrêté à l'idée de maintenir Joseph en Espagne, a été entraîné à toutes sortes de consé(|uences : il ne peut enlever à Joseph, si déplorahie chef qu'il se soit montré, le commandement supérieur des armées; il ne peut laisser à la tète de l'ArméeduMidi leducdeDalmatie, àlatète del'Armée du Nord le général Caiïarelli. Contre Soult, Joseph a formé de tels griefs (jue tout serait à craindre si ces deux hommes restaient en présence. Pourtant, Soult «est la seule tète mililairequil vaitenEspagne». Napoléon le sait; il le dit, il a pleine conscience de la faute qu'il commet; il sait qu'en rappelant Soult, il livre désormais l'armée entière aux imaginations dynastiques et stratégiques de son frère ; (}uant à Caiïarelli, si l'éloignement a rendu les altercations moins vives, les plaintes de Joseph contre les refus d'ohéissance du général de l'Armée du Nord et son insistance à réclamer sur lui le commandement direct ont étrangement tendu la situation; dès (jue les Armées du Portugal, du Midi et du Centre vont se trouver en contact diiect avec l'Armée du Nord, il paraît hien difficile (jue celle-ci aussi, hien (|a ayant une destination spéciale, ne soit pas, au moins pour la forme, mise sous le commandement du roi. Le 3 janvier, l'Empereur ordonne donc à Clarke d'envoyer au duc de Dalmatie « par estafette extraordinaire, un congé pour revenir à Paris ». Ce n'est pas une disgrâce qu'il lui inflige ; il laisse dans le doute

s'il le rappelle sur la demande qu'a faite le roi d'Espagne ou sur la demande qu'a formée Soult lui-même; et il lui réserve à l'Armée d'Allemagne un poste qui implique la plus haute confiance. Quant à Caffarelli, qu'il rappelle près de sa personne, il va le charger, durant son ahsence, de la garde de rimpératrice et du Roi de Rome : nulle assurance meilleure qu'il n'a pas démérité. Par ces deux actes, il montre à quel point il désapprouve l'attitude de Joseph et quelle contrainte il subit, mais il cède.

Ainsi Josephn'auraplus à craindre aucune contradiction et les armées françaises seront livrées à son bon plaisir et à celui de Jourdan, toujours empressé à prévenir les ordres du roi, fussent-ils les plus contraires aux premières notions stratégiques, aux intérêts du soldat, aux volontés de l'Empereur et aux exigences de la défense nationale. Gazan qui succède à Soult à l'Armée du Midi est un homme déjà mûr, plié dès l'enfance à l'obéissance passive, bon divisionnaire, mais incapable d'une vue d'ensemble et à ce point timoré qu'il ne bougera pas un homme sans l'ordre du roi ; Reille, suspect comme aide de camp de l'Empereur, préposé par une désignation expresse de l'Empereur à l'Armée de Portugal où Joseph avait placé d'Erlon, dénmni peu à peu de la plupart de ses divisions en faveur de l'Armée du Nord, ne sera ni écouté, ni même entendu quand il fournira une opinion militaire; Drouet d'Erlon, auquel Joseph donne l'Armée du Centre au défaut de l'Armée de Portugal, doit trop au roi qui, en toute occasion, l'a ménagé

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