‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 31 sur 104 · JKHOME. — « AU NOM DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

JKHOME. — « AU NOM DE L'EMPEREUR

l'imprudence qu'il avait commise en usurpant le nom de rEmpereur. Il n'avait eu garde d'en rendre compte, mais Dombrowski en avait fait son rapport.

L'Kmpereur v a vu un attentat contre lui-même, une entreprise sur son autorité et, le 10 juin, il a écrit à Jérôme une terrible lettre : « Je vois avec le plus grand étonnement, dans une lettre que vous écrivez au général Dombrowski, pour changer la marche de ce général, que vous disiez que c'est par mon ordre et d'après mes instructions et qu'ainsi vous manquiez à vous et à moi. Celte conduite, que je ne veux pas caractériser, a trop d'inconvénients pour que je la souiïre. La première fois que vous vous permettrez une telle supposition, je mettrai à l'ordre du jour de l'Armée que l'on ne doit faire aucune attention à ce que vous écrivez. Ce n'est pas que je ne trouve naturel que, dans les circonstances, comme vous l'avez fait avec le général Teste, a^ous priiez les commandants de changer de route, mais, ce qui est contre le bien et l'honneur de mon service, c'est que vous disiez que c'est en mon nom et que, par là, vous annuliez mes ordres. Avec cette méthode vous pourriez déranger la marche de mes armées. C'est un véritable faux que tout autre ne se permettrait pas. »

Jérôme, avec son inconscience et sa légèreté habituelles, avait cru prendre le bon moyen d'être secouru et avait couru au plus pressé : « Je me déterminai, a-t-il écrit à l'Empereur, à prescrire au général Dombrowski au nom de Votre Majesté, car sans cela il neùt pas obéi. » Et cette phrase suffisait à le con-

damner. Mais, ensuite, il dév^eloppaitles conséquences, il noyait la forme qui lui était seule reprochée dans le fond qui le justifiait; il faisait son acte de contrition : « Je prie Votre Majesté d'être convaincue qu'à l'avenir je m'abstiendrai de tout ordre semblable », mais il laissait sentir à l'Empereur, non sans une certaine ironie, qu'il appartenait de le protéger à ceux qui l'avaient démuni de tous ses soldats.

p]t l'Empereur qui ne s'était peut-être autant courroucé que pour dissimuler la mauvaise humeur qu'il avait prise en constatant que les Cosaques n'étaient pas des fantômes, est revenu sur la dureté de sa première lettre, au point de presque s'excuser : « Je ne trouve pas mauvais, il s'en faut, a-t-il écrit, que, dans les circonstances où vous vous trouviez, vous ayez écrit au général Dombrowski et l'ayez détourné de sa route. Vous l'avez fait pour le général Teste et je l'ai trouvé fort bien, et je le trouverai bien également dans toutes les circonstances, puisque vous agissez en connaissance de cause, mais, dans aucun cas, je ne saurais trouver bien que vous ayez donné un ordre en mon nom. » Et pour achever d'adoucir l'excessif du reproche, il a consenti à la fin que Jérôme vînt le trouver à Dresde.

« Cependant a-t-il dit, pour éviter tout cérémonial à la cour de Saxe, il faut y venir incognito. » Cela ne fait pas l'afiaire de Jérôme qui, d'Halberstadt où il est venu en tournée d'inspection, répond le 19 qu'il envoie en avant son maréchal de la Cour qui s'enten-

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