JOSEPH — QUERELLES AVEC SOULT
depuis SOI! départ de Paris », il a écrit le 22 décembre: « Il m'est de toute impossibilité de servir avec M. le duc de Dalmatie; il ne voit que l'Andalousie, il est bai)ilué au commandement absolu; je dis plus : il a aussi peu de céritable décision à la guerre que de bonne foi dans le reste de sa conduite. Si j'avais eu la persévérance de le renvoyer en France, lorsqu'il eut le front de se présenter devant moi dans le royaume de Valence, il est probable que Wellington aurait laissé aux Arapiles la moitié de son monde. Si le colonel Desprès est arrivé près de Votre Majesté, je ne dois rien ajouter sur cet article parce que Votre Majesté connaît <léjà les raisons qui ne me permettent pas d'avoir aucun rapport avec cet officier. »
Le 8 janvier, ayant depuis Tavant-veille le Vingtneuvième Bulletin et jugeant que l'Empereur s'était rapprocbé de la France, il lui a écrit pour « le prier de trouver bon qu'il se rendît auprès de lui, ne fût-ce que pour vingt-quatre beures )> ; et, ce n'était pas pour lui parler des désastres de Russie ou de la défense nationale et des sacrifices qu'elle devait imposer à lui, roi d'Espagne, c'était pour lui parler de Soult. « Si Votre Majesté est encore loin de la France, ajoutait-il, je ne puis que lui répéter le contenu de mes dépêcbes dont ont été porteurs MM. le colonel Desprès et le général Barrois : 1" l'impossibilité absolue où je suis d'avoir des rapports avec M. le duc de Dalmatie; je demande son remplacement; 2° les secours que Votre Majesté Impériale peut nous faire passer en argent
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et en munilions; 3° ses ordres pour la campagne prochaine. »
Ainsi, l'objet principal, unique peut-on dire, de ses inquiétudes, c'était Soult. Il faisait passer le rappel de Soult même avant les secours d'argent, qui lui tenaient si fort au cœur. Quant à un plan pour la campagne prochaine, il y tenait peu. Il savait à merveille, par les rapports du général commandant en chef l'Armée du Nord, que les circonstances exigeaient impérieusement que, dans cette partie, toutes les troupes disponibles fussent immédiatement dirigées pour mener des opérations rapides et combinées et il était de plus en plus ferme sur la résolution de rester de sa personne à Madrid et d'y maintenir la plus granile partie des armées.
Avec Clarke, la polémique s'était élevée. Se conformant aux ordres de l'Empereur, Clarke avait traité légèrement l'intrigue de Soult et avait engagé Joseph à la patience. « A la distance où l'Empereur se trouve de la capitale, avait-il écrit, il est des choses sur lesquelles la politique force à fermer les yeux, au moins momentanément. Si la conduite du duc de Dahnatie est équivoque et cauteleuse, si ses démarches présentent le même aspect que celles qu'il paraît avoir faites et qui out précédé l'abandon du Portugal après la prise dOporto, il viendra un moment où l'Empereur pourra l'en punir s'il le juge convenable. Et peutêtre est-il moins dangereux où il est (ju'il ne le serait ici où quelques factieux ont pu, du sein môme des prisons qui les renfermaient, méditer en l'absence de
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rEnipereur, une révolution contre l'Empereur et sa dynastie et presque l'exécuter les 2 et 3 octobre dernier. Je pense donc, Sire, qu'il est prudent de ne pas pousser à bout le duc de Dalmatie, tout en contrariant sous main les démarclies ambitieuses qu'il pourrait tenter et s'assurant de la fidélité des principaux officiers de l'Armée du Midi envers l'Empereur et mémi' de ceux des Espagnols qu'il trahie à sa suite. L'arme du ridicule, qu'il est facile de maniée en cette occasion, suffira, ce me semble, pour dt^'ouer ses funestes projets, s'ils existent, et le ramener à son devoir, sauf à faire prendre par la suite des précautions pour (ju'il n(! s'en écarte jamais. » Telle était bien la façon dont Napoléon eût, après l'atfaii'e Malet, envisagé la question et il l'avait traitée encore bien plus légèrement lorscju'il avait comparé, dtïvant le colonel Desprès, les torts réciproijues de Josc[)li et de Soult : mais le roi n'agréait pas plus les arguments tirés des intérêts dynastiques et deà dangers que Soult leur ferait courir (ju'il n'admettait qu'on tardât à exécuter ses ordres.
De plus, Clarke s'était permis de trouver mauvais que le roi eût, de son chef, destitué et remplacé le général Souliam pourvu de lettres de service du ministre de la Guerre. « Il faut, avait écrit (Clarke, ([ue de puissants motifs aient déterminé Voire Majesté à déplacer un officier général français, appelé, par lorilre d'un ministre de l'Em[)ei'eur, au commandement d'une de ses armées. Elle est pi-iée de me faire connaître les plaintes ([u'elle a reçues sur le
général Souham, car, s'H était permis de penser qu en désignant le comte d'Erlon, elle n'a écouté qumi sentiment de préférence pour cet officier gênerai A serait de mon devoir de représenter à Notre Majesté que cet acte d'autorité aurait excédé les bornes de celle que lui a donnée sur l'armée française en Espagne le titre de général en chef. . Et du même coup, il avait informé le roi que TEmpereu; ayant, de son propre mouvement, « nommé le général i^eûle au commandement de TArmée de Portugal le comte d-Erlon devait remettre un commandement dont 1 Empereur avait disposé en faveur d'un officier de son choix. »
Joseph ainsi se trouvait doublement mortifié, et sa
colère en était redoublée. Négligeant l'article de
Soult, sur lequel il sentait que, avec le ministre de
a Guerre, ,1 n'aurait pas raison, il s'étendait sur
larucle de Souham, discutait les lettres de service
ClaKe en ava,t fa,te, et puis il ajoutait :« Je vous déclare qu après a^ oir ordonné les n>ouvements de la Castille et de l'Andalousie, de Valence et du Ta^e après avoir abandonné ma capitale, chassé Ls'
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