‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 83 sur 104 · LOUIS. — TENTATIVES SUR LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

LOUIS. — TENTATIVES SUR LA HOLLANDE

cliez lui avec le vice-grand-électeur, le grand juge et le secrétaire de la Famille impériale et lui fera sommation de se soumettre aux lois de l'Empire, de rester en France comme prince français et de reconnaître le Sénatus-Consulte de réunion de la Hollande ; car « la Hollande est française, elle l'est pour toujours; la loi de l'État l'a constituée ainsi; il n'est aucun effort qui puisse l'enlever à la France ». Procèsverbal sera alors dressé, et, immédiatement après, Louis sera arrêté et conduit incognito au château de Gompiègne.

Cette procédure reste inutile. Louis, sur les réponses qu'il a reçues et qui l'ont élrangement déconcerté, quitte Pont et retourne en Suisse oi!i il s'établit à Soleure. Là, raconte-t-il, il trouve des lettres do Berthier et de Gaulaincourt rapportées par l'officier qu'il a envoyé à Mayence, avec cette réponse verbale de l'Empereur : « J'aime mieux que la Hollande retourne sous le pouvoir de la Maison d'Orange que sous celui de mon frère : s'il a cent mille hommes à m'opposer, il peut essayer de me l'enlever. »

Ce qu'il n'a pu faire de l'agrément de Napoléon, Louis prétend le faire contre sa volonté. On signale un de ses secrétaires. Allemand de nation, allant et venant de Suisse en Hollande, répandant à son passage à Pontarlier les nouvelles les plus alarmantes. Ce secrétaire porte des lettres aux personnages que Louis estime le plus influents ; revenu à Soleure, il est renvoyé, le 2o novembre, avec une lettre que Louis

adresse aux magistrats d'Amslerdam. constitués en gouvernement provisoire ^ par laquelle il proteste contre les prétentions de la Maison d'Orange, fait l'apologie de sa conduite comme roi et expose le mode de gouvernement qu'il se propose d'instituer. Dans ce factum, certains passages sont d'une naïveté presque touchante. Louis se met en scène, racontant ses scrupules et s'attendrissant sur son avenir : « Depuis trois ans et demi, écrit-il, je suis isolé, errant dans les pays étrangers ; j'ai renoncé à mon pays natal, à tout absolument, pour rester fidèle au système que j'ai cru devoir être le plus utile à votre pays, mais si ma nouvelle patrie depuis huit ans m'échappe, je me trouve sans pays, sans ami, sans aucun bien ; cependant, dans les circonstances majeures de l'Europe, tout me presse de prendre un parti et de ne plus être le jouet des événements, de devenir entièrement libre de mes actions, d'achever de remplir tous mes devoirs envers votre pays. »

Il ne reçoit pas de réponse, car, si ses anciens sujets rendent justice à ses bonnes intentions, ils ne l'ont jamais pris au sérieux et ils n'auraient garde de mettre en péril, pour lui plaire, la paix et l'indépendance qu'ils se flattent de conquérir ; Louis, que ce silence décontenance, n'a plus qu'à collectionner les certificats de bonne conduite que lui décernent les pamphlétaires armés contre l'Empereur. Il en reçoit de Bucholz et de Kotzebue ; il en reçoit d'écrivains anonymes, ce qui lui permettra d'écrire de lui-môme :

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